Vladimir Soloviev, Max Jacob, Théophile Obenga, Djalâl-od-Dîn Rûmî, Tomas Tranströmer, José Ángel Valente

Publié le par Nicolas Urvoy

« Je voyais tout et tout n'était qu'un,

Qu'une image de beauté de femme... »

 

Extrait du poème Trois rencontres

de Vladimir Soloviev

 

 

« Ami cher, ne sens-tu pas

Cette seule chose au monde :

Comme le cœur au cœur parle

En un salut silencieux ? »

 

Derniers vers du poème Ami cher...

de Vladimir Soloviev

 

 

 

 

« — À jamais aimer ! — »

 

Vers extrait d'un poème tiré de Le Laboratoire central

de Max Jacob

 

 

 

 

IV

 

« Femme,

Chair de demain »

 

Vers extraits d'un poème tiré d'Astres si longtemps

de Théophile Obenga

 

 

 

 

Le fanatisme

 

Ce bas monde est semblable à un arbre, ô mon fils !

et nous sommes sur lui comme fruits demi-mûrs.

Le fruit vert pèse fort, à la branche de l'arbre,

parce qu'il n'est ni beau ni digne du palais.

Mais lorsqu'il a mûri, sucré, poissant les lèvres

il pèse doucement, alors, sur les rameaux.

Fanatisme, rigueur viennent de l'ignorance :

tant que tu es fœtus, tu te nourris de sang.

 

Poème de Djalâl-od-Dîn Rûmî

extrait de l'Anthologie de la poésie persane

(XI° - XX° siècle)

Gallimard/Unesco

 

 

« Recherche le cœur, ne t'attache pas aux os ;

Car cette beauté du cœur est la beauté durable ; ses lèvres donnent à boire l'Eau de la Vie. »

 

Extrait du Livre deuxième du Mathnawî

de Djalâl-od-Dîn Rûmî

 

 

« Le monde est comparable à l'arbre, ô hommes nobles ; nous

sommes semblables aux fruits à demi mûrs qui lui sont attachés.

Les fruits qui ne sont pas mûrs s'attachent fermement à la branche, parce que leur immaturité les rend indignes d'être apportés au palais.

Quand ils ont mûri et sont devenus doux, ils ne s'attachent plus alors que faiblement aux rameaux.

Quand la bouche a été rendue douce par cette félicité, le royaume du monde devient déplaisant pour l'homme.

Se fixer étroitement et s'attacher fortement (au monde) est un signe d'immaturité ; tant que tu es un embryon, ton occupation consiste à te nourrir de sang. »

 

Extrait du Livre troisième du Mathnawî

de Djalâl-od-Dîn Rûmî

 

 

« sache que la haine est la racine de l'erreur »

 

« La justice est le gardien des plaisirs »

 

« Ô amoureux, le philtre de l'Amour vous est donné : vous êtes éternels : l'éternité vous est octroyée.

Ô vous les oublieux, levez-vous et aimez ! »

 

Extraits du Livre quatrième du Mathnawî

de Djalâl-od-Dîn Rûmî

 

 

« Le libre-arbitre n'est bon que pour celui qui est maître de lui-même. »

 

« ne gaspillez pas votre salive en vaines paroles, car le verger est assoiffé. »

 

Extraits du Livre cinquième du Mathnawî

de Djalâl-od-Dîn Rûmî

 

 

2

 

« L'amour est l'ordre universel »

 

122

 

« Par l'amour, toute chose se métamorphose »

 

617

 

« L'âme est faite pour goûter le plaisir et la joie »

 

Extraits des Odes mystiques de Djalâl-od-Dîn Rûmî

 

 

822

 

« L'amour est la pierre philosophale qui opère les

transmutations ;

Il transforme la poussière en un trésor de sens spirituel. »

 

898

 

« Le cœur est comme une ouverture »

 

914

 

« Quiconque cultive les semences de la bonté ne récolte pas

de mauvais fruits. »

 

« Heureux celui qui a trouvé la joie et ouvert les yeux ! »

 

963

 

« le récit du cœur est au-delà de l'individualité. »

 

Extraits des Odes mystiques de Djalâl-od-Dîn Rûmî

 

 

« L'amour est ce qui cause la joie infinie.

Ce n'est pas la mère qui nous donna la vie, c'est l'amour. »

 

« Le monde est verdoyant, tout rempli de jardins,

Illuminé par le visage d'une beauté souriante.

Partout brillent les joyaux venant de la mine,

Partout se trouve une âme qui correspond avec une âme. »

 

« Au jour de la joie, le monde entier est ton ami »

 

« L'amour est l'eau de l'immortalité, plonge dans cette source :

Chacune de ses gouttes, à elle seule, est un océan de vie. »

 

Extraits des Rubâi'yât (Quatrains) de Djalâl-od-Dîn Rûmî

 

 

 

 

« L'éveil est un saut en parachute hors du rêve.

Libéré du tourbillon qui l'étouffe, le voyageur

tombe dans les zones vertes du matin.

Les objets s'enflamment. Il distingue — dans la position

palpitante

du pinson — les phares puissants d'un système radiculaire

qui tournoie dans les bas-fonds. Mais au-dessus de la terre

il y a — en un flux tropical — cette verdure aux

bras dressés, à l'écoute

des rythmes d'une pompe invisible. Et il

descend vers l'été, se laisse chuter

dans son cratère éblouissant, glisse

le long du puits d'ères vertes et humides

vibrant sous la turbine du soleil. Ainsi s'arrête

dans l'instant sa course verticale et les ailes se déploient

pour le repos d'un aigle pêcheur au-dessus des eaux

qui filent. »

 

Extrait du poème Prélude

tiré de 17 poèmes de Tomas Tranströmer

 

 

« Un geste à l'intérieur : sens la vie de plus près ! »

 

Extrait du poème Déluge sur les terres

tiré d'Accords et traces de Tomas Tranströmer

 

 

« L'avenir : une armée de maisons vides

qui cherchent leur chemin sous la neige fondue. »

 

Extrait des poèmes Préludes I-III

tiré de Visions nocturnes de Tomas Tranströmer

 

 

« Mission : être là ou l'on est. »

 

« Les événements futurs, ils existent déjà !

Je le sens. Ils sont là dehors :

 

Une foule de gens qui murmurent au-delà des barrières.

Ils ne pourront passer qu'un à un.

Ils veulent entrer. Pourquoi ? Ils arrivent

un à un. Je suis le tourniquet. »

 

Extraits du poème En faction

tiré de Sentiers de Tomas Tranströmer

 

 

« Je penche comme une échelle et j'entre

avec le visage au premier étage du cerisier.

Me voici dans l'horloge des couleurs où tinte le soleil. »

 

Extrait du poème Les regards de l'hiver

tiré de La place sauvage de Tomas Tranströmer

 

 

« Tout chante. »

 

Extrait du poème La gare

tiré de La place sauvage de Tomas Tranströmer

 

 

 

 

« Sous les

eaux aveugles résonne

pulsation ou germe

un vol immémorial

d'oiseaux solaires. »

 

Extrait du poème Oiseaux

tiré de Mandorle de José Ángel Valente

 

 

Ianua

 

Quelle lumineuse déraison d'avoir engendré l'amour. Sur l'épaisse, la processionnaire cendre des jours et le gris dilué des poursuivants, éclate l'arôme de ton bleu. Je ne connus de vérité qui ne fût tienne ni d'espace extrême où finalement n'apparût la tiédeur de ton corps nu ni de territoire où tu ne fusses le centre et l'étendue. Quelle lumineuse déraison l'acte simple d'ouvrir toi-même le cercle et une porte vers l'intérieur de toi que jamais plus je ne trouverai close.

 

Poème tiré de Mandorle de José Ángel Valente

 

 

Il tuffatore

 

Nous ne sommes à la surface que pour inspirer profondément et pouvoir regagner le fond. Nostalgie des branchies.

 

Poème tiré de Mandorle de José Ángel Valente

 

 

XXVI

 

Avec les mains prennent forme les mots,

avec les mains, en leur concavité

corporels prennent forme les mots

que nous ne pouvions dire.

 

Poème tiré de L'éclat de José Ángel Valente

 

 

XXX

 

Tu venais, l'oiseau, le cœur, dans ton vol,

tu venais aux liquides les plus hauts

où dorment la lumière et les salives

dans la pénombre bleutée de ta gorge.

 

Tu allais — le vol

me prend — détourne-les — volant

au ras des aubes les plus précoces.

 

Te sentir ainsi venir tel le sang,

et brusquement, oiseau, cœur, me sentir,

te sentir enfin là, entrer, entrer en moi,

lumière légère, m'habiter d'aube.

 

Poème tiré de L'éclat de José Ángel Valente

 

 

XXXI

 

L'extrême étendue de la nuit

comme un inextinguible

couteau.

 

Idée de l'aube.

Nous ouvrîmes tes entrailles.

Tu nous en éclaboussais comme la pluie

pendant que je les buvais

comme des oiseaux vivants.

 

Poème tiré de L'éclat de José Ángel Valente

 

 

XXXV

 

L'apparition de l'oiseau qui vole et

revient et qui se pose

sur ta poitrine et te fait grain,

grumeau, goutte céréale, l'oiseau

qui vole à l'intérieur

de toi, tandis que tu deviens

pure transparence,

pure lumière,

ta pure matière, corps

bu par l'oiseau.

 

XXXVI

 

Et tout ce qui existe en cette heure

d'un éclat absolu

s'embrase, brûle

avec toi, corps

dans la bouche incendiée de la nuit.

 

Derniers poèmes de L'éclat de José Ángel Valente

 

 

« l'éveil du soleil comme la certitude d'une offrande dans la main de l'homme. »

 

Fin du poème Ne laissez pas mourir

tiré de Paysage avec des oiseaux jaunes

de José Ángel Valente

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