Attila József, Albert Camus
« L'esprit cherche sa paix en trouvant sa raison,
mais ne peut être en paix qu'à l'unisson du cœur »
Extrait de Poème de circonstance sur l'état du socialisme
d'Attila József
« Ouvrons-nous en grand, que tous enfin accèdent à l'amour. »
« Allons, gaspillons le son de nos cloches, devant nos portes
ouvertes, sourions ! »
Extraits du poème La lumière doucement mûrit...
d'Attila József
« Ma foi est chaleur de la terre »
Extrait des poèmes Leçons d'Attila József
« Laissez-moi vous parler des hommes de demain...
Ils seront force et douceur
Ils déchireront le masque de fer du savoir
Pour laisser lire enfin une âme sur son visage. »
Et de poursuivre :
« Calmes et puissants, leur poumons
Aspireront la tempête, l'ouragan
Et les océans s'apaiseront.
Toujours ils attendront l'hôte inattendu
Pour qui ils mettront la table
Et disposeront leur cœur. »
Extraits des poèmes Leçons d'Attila József
« Quand déciderez-vous à loger des braises
Au fond de vos yeux qui ne voient qu'à peine,
Pour qu'après cela, voir ne leur suffise plus :
Pour qu'enfin ils luisent et éclairent ! »
Extrait des poèmes Leçons d'Attila József
« Ce que l'homme arrache à ses rêves
— d'un violoncelle, oh, la profonde voix ! —
au fond de nous chante sans trêve. »
Extrait du poème Aux alentours de la ville d'Attila József
tiré de l'Anthologie de la Poésie hongroise
Du XII° siècle à nos jours
Éditions du Seuil
« Nous marchons à la rencontre de l'amour et du désir. Nous ne cherchons pas de leçons, ni l'amère philosophie qu'on demande à la grandeur. Hors du soleil, des baisers et des parfums sauvages, tout nous paraît futile. Pour moi, je ne cherche pas à y être seul. J'y suis souvent allé avec ceux que j'aimais et je lisais sur leurs traits le clair sourire qu'y prenait le visage de l'amour. Ici, je laisse à d'autres l'ordre et la mesure. C'est le grand libertinage de la nature et de la mer qui m'accapare tout entier. »
Extrait de Noces à Tipasa d'Albert Camus
« Bien pauvres sont ceux qui ont besoin de mythes. »
Extrait de Noces à Tipasa d'Albert Camus
« Ici même, je sais que jamais je ne m'approcherai assez du monde. Il me faut être nu et puis plonger dans la mer, encore tout parfumé des essences de la terre, laver celles-ci dans celle-là, et nouer sur ma peau l'étreinte pour laquelle soupirent lèvres à lèvres depuis si longtemps la terre et la mer. »
Extrait de Noces à Tipasa d'Albert Camus
« Je comprends ici ce qu'on appelle gloire: le droit d'aimer sans mesure. Il n'y a qu'un seul amour dans ce monde. Étreindre un corps de femme, c'est aussi retenir contre soi cette joie étrange qui descend du ciel vers la mer. Tout à l'heure, quand je me jetterai dans les absinthes pour me faire entrer leur parfum dans le corps, j'aurai conscience, contre tous les préjugés, d'accomplir une vérité qui est celle du soleil et sera aussi celle de ma mort. Dans un sens, c'est bien ma vie que je joue ici, une vie à goût de pierre chaude, pleine de soupirs de la mer et des cigales qui commencent à chanter maintenant. La brise est fraîche et le ciel bleu. J'aime cette vie avec abandon et veux en parler avec liberté: elle me donne l'orgueil de ma condition d'homme. Pourtant, on me l'a souvent dit : il n'y a pas de quoi être fier. Si, il y a de quoi: ce soleil, cette mer, mon cœur bondissant de jeunesse, mon corps au goût de sel et l'immense décor où la tendresse et la gloire se rencontrent dans le jaune et le bleu. C'est à conquérir cela qu'il me faut appliquer ma force et mes ressources. Tout ici me laisse intact, je n'abandonne rien de moi-même, je ne revêts aucun masque: il me suffit d'apprendre patiemment la difficile science de vivre qui vaut bien tout leur savoir vivre. »
Extrait de Noces à Tipasa d'Albert Camus
« A présent du moins, l’incessante éclosion des vagues sur le sable me parvenait à travers tout un espace où dansait un pollen doré. Mer, campagne, silence, parfums de cette terre, je m’emplissais d’une vie odorante et je mordais dans le fruit déjà doré du monde, bouleversé de sentir son jus sucré et fort couler le long de mes lèvres. Non, ce n’était pas moi qui comptais, ni le monde, mais seulement l’accord et le silence qui de lui à moi faisait naître l’amour. Amour que je n’avais pas la faiblesse de revendiquer pour moi seul, conscient et orgueilleux de le partager avec toute une race, née du soleil et de la mer, vivante et savoureuse, qui puise sa grandeur dans sa simplicité et debout sur les plages, adresse son sourire complice au sourire éclatant de ses ciels. »
Extrait de Noces à Tipasa d'Albert Camus