Saint-John Perse (1)

Publié le par Nicolas Urvoy

« il ne faut que servir

comme de vieille corde... Et ce cœur, et ce cœur, là ! qu'il traîne sur les ponts, plus humble et plus sauvage et plus, qu'un vieux faubert,

exténué... »

 

Extrait du recueil Éloges de Saint-John Perse

 

 

« Silencieusement va la sève et débouche aux rives minces de la feuille.

Voici d'un ciel de paille où lancer, ô lancer ! à tour de bras la torche ! »

 

Extrait du recueil Éloges de Saint-John Perse

 

 

« « Haut asile des graisses vers qui cheminent

les désirs

d'un peuple de guerriers muets avaleurs de

salive,

ô Reine ! romps la coque de tes yeux,

annonce

en ton épaule qu'elle vit !

ô Reine, romps la coque de tes yeux, sois-

nous propice, accueille

un fier désir, ô Reine ! comme un jeu sous

l'huile, de nous baigner nus devant Toi,

jeunes hommes ! »

 

*

 

Mais qui saurait par où faire entrée dans Son

cœur ? »

 

Extrait du recueil La Gloire des Rois de Saint-John Perse

 

 

« « J'ai dit, ne comptant point ses titres sur

mes doigts :

Ô Reine sous le rocou ! grand corps couleur

d'écorce, ô corps comme une

table de sacrifices ! et table de ma loi !

Aînée ! ô plus Paisible qu'un dos de fleuve,

nous louons

qu'un crin splendide et fauve orne ton flanc

caché,

dont l'ambassadeur rêve qui se met en

chemin

dans sa plus belle robe ! »

 

*

 

Mais qui saurait par où faire entrée dans Son

cœur ? »

 

Extrait du recueil La Gloire des Rois de Saint-John Perse

 

 

« Depuis un si long temps que nous allions en

Ouest, que savions-nous des choses

périssables ?... Et soudain à nos pieds les

premières fumées.

 

Jeunes femmes ! et la nature d'un pays

s'en trouve toute parfumée :

 

 

*

 

« ... Je t'annonce les temps d'une grande

chaleur et les veuves criardes sur la dissipation

des morts.

Ceux qui vieillissent dans l'usage et le soin

du silence, assis sur les hauteurs, considèrent les

sables

et la célérité du jour sur les rades

foraines ;

mais le plaisir au flanc des femmes se

compose, et dans nos corps de femmes il y a

comme un ferment de raisin noir, et de répit avec

nous-mêmes il n'en est point.

 

« ... Je t'annonce les temps d'une grande

faveur et la félicité des sources dans nos songes. »

 

Extrait du recueil Anabase de Saint-John Perse

 

 

« « Toute chose à naître s'horripile à l'orient

du monde, toute chair naissante exulte aux

premiers feux du jour ! »

 

Extrait du recueil Exil de Saint-John Perse

 

 

« Une langue nouvelle de toutes parts offerte !

une fraîcheur d'haleine par le monde

Comme le souffle même de l'esprit, comme

la chose même proférée,

 

À même l'être, son essence ; à même la

source, sa naissance :

Ha ! toute l'affusion du dieu salubre sur nos

faces, et telle brise en fleur

Au fil de l'herbe bleuissante, qui devance le

pas des plus lointaines dissidences ! »

 

Extrait du recueil Exil de Saint-John Perse

 

 

« J'avais, j'avais ce goût de vivre chez les

hommes, et voici que la terre exhale son âme

d'étrangère... »

 

Extrait du recueil Exil de Saint-John Perse

 

 

« Se hâter, se hâter ! Parole de vivant ! »

 

« « Et vous avez si peu de temps pour naître à cet instant ! » »

 

« « Les revendications de l'âme sur la chair sont extrêmes. Qu'elles nous tiennent en haleine ! Et qu'un mouvement très fort nous porte à nos limites, et au delà de nos limites !

« Enlèvement de clôtures, de bornes... »

 

« Présages en marche. Vents du Sud. Et grand mépris des chiffres sur la terre ! »

 

« S'en aller ! s'en aller ! Parole du Prodigue. »

 

« J'entends croître les os d'un nouvel âge de la terre. »

 

Extraits du recueil Vents de Saint-John Perse

 

 

« « Je t'ignore, litige. Et mon avis est que l'on vive !

« Avec la torche dans le vent, avec la flamme dans le

vent,

« Et que tous hommes, en nous, si bien s'y mêlent et

s'y consument,

« Qu'à telle torche grandissante s'allume en nous plus

de clarté... »

 

Extrait du recueil Vents de Saint-John Perse

 

 

« « Brouille-toi, vision, où s'entêtait l'homme de

raison... »

 

« « Je te licencierai, logique, où s'estropiaient nos bêtes

à l'entrave. »

 

« « Aux porches où nous levons la torche rougeoyante,

aux antres où plonge notre vue, comme le bras nu des

femmes, jusqu'à l'aisselle, dans les vaisseaux de grain

d'offrande et de fraîcheur sacrée des jarres,

« C'est une promesse semée d'yeux comme il n'en fut

aux hommes jamais faite,

« Et la maturation, soudain, d'un autre monde au

plein midi de notre nuit...

« Tout l'or en fèves de vos Banques, aux celliers de

l'État, n'achèterait point l'usage d'un tel fonds. »

 

« « Et toi, prends la conduite de la course, œil

magnifique de nos veilles ! »

 

« Telle est l'instance extrême où le Poète a témoigné.

En ce point extrême de l'attente, que nul ne songe à

regagner les chambres.

« Enchantement du jour à sa naissance... »

 

Extraits du recueil Vents de Saint-John Perse

 

 

« (Ainsi quand l'Officiant s'avance pour les cérémonies

de l'aube, guidé de marche en marche et assisté de

toutes parts contre le doute la tête glabre et les

mains nues, et jusqu'à l'ongle, sans défaut c'est un

très prompt message qu'émet aux premiers feux du jour

la feuille aromatique de son être.)

 

Et le Poète aussi est avec nous, sur la chaussée des

hommes de son temps.

Allant le train de notre temps, allant le train de ce

grand vent.

Son occupation parmi nous : mise en clair des

messages. Et la réponse en lui donnée par illumination

du cœur.

Non point l'écrit, mais la chose même. Prise en son vif

et dans tout.

Conservation non des copies, mais des originaux. Et

l'écriture du poète suit le procès-verbal.

(Et ne l'ai-je pas dit ? les écritures aussi évolueront.

Lieu du propos : toutes grèves de ce monde.) »

 

Extrait du recueil Vents de Saint-John Perse

 

 

« « Le cri ! le cri perçant du dieu ! qu'il nous saisisse

en pleine foule, non dans les chambres,

« Et par la foule propagé qu'il soit en nous répercuté

jusqu'aux limites de la perception... »

 

Extrait du recueil Vents de Saint-John Perse

 

 

« « Et c'est temps de bâtir sur la terre des hommes. Et

c'est regain nouveau sur la terre des femmes.

« De grande œuvres déjà tressaillent dans vos seigles

et l'empennage de vos blés.

« Ouvrez vos porches à l'An neuf !... Un monde à

naître sous vos pas ! hors de coutume et de saison !...

« La ligne droite court aux rampes où vibre le futur,

la ligne courbe vire aux places qu'enchante la mort des

styles...

« Se hâter ! Se hâter ! Parole du plus grand

Vent ! »

 

Et du talon frappée, cette mesure encore au sol,

cette mesure au sol donnée,

Cette mesure encore, la dernière ! comme au Maître

du chant. »

 

Extrait du recueil Vents de Saint-John Perse

 

 

Publicité

Publié dans Saint-John Perse

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article