Juan Ramón Jiménez (1)

Publié le par Nicolas Urvoy

« je suis un dieu sans épée, sans rien de ce que font les hommes avec leur science ; seulement avec ce qui est le fruit de la vie, ce qui change tout ; oui, de feu ou de lumière, de lumière. »

 

« J'entends toujours cette musique qui retentit au fond de tout, au loin ; elle m'appelle de la mer, dans la rue, dans le rêve. »

 

« la femme qui est notre tout et en qui devrait finir notre horizon. »

 

« si nous voulons être et paraître plus grands, cherchons à unir dans l'amour seul, non dans la quantité. »

 

« L'univers est unité des unités ; et quel vent calme ces nuages légers portent au zénith ; quelle douce lumière que cette totalité rougeoyante et unique. Totalité est la vie totale et douce. »

 

Extraits d'Espace de Juan Ramón Jiménez

 

 

« Pour me rappeler pourquoi je suis né, je reviens à toi, mer.

« La mer qui fut mon berceau, ma gloire et mon soutien ; la mer éternelle et seule qui me conduisit à l'amour » ; et c'est cette mer de l'amour qui vient maintenant dans mes mains, devenues plus dures, boire comme un agneau blanc la douceur de l'amour. »

 

« Comme on dit, l'arbre de l'hiver n'était pas sec, et j'ai cru en ma jeunesse ; comme moi, il porte le vert, l'or, l'écarlate dans ses racines et loin, très loin en lui, au point qu'il emplit de couleur deux infinis. »

 

« Quel beau printemps nous attend dans l'amour, hors de la haine ! Enfin je suis heureux ! »

 

« Que le monde en paix est grand, que l'azur est beau pour celui qui peut ne pas crier, qui peut chanter ; chanter et comprendre et aimer ! Immensité, c'est en toi et maintenant que je vis ; pas de montagnes, presque pas de pierre, pas d'eau, presque pas de

ciel ; immensité, et immensité seulement ; ce qui ouvre et qui sépare la mer du ciel, le ciel de la terre, et qui, en les ouvrant et en les séparant, les laisse plus unis et plus proches, remplissant de plénitude lointaine la totalité ! Espace, et temps et lumière en moi tout entier, dans les autres et en moi et dans les autres ! Moi avec l'immensité ! »

 

Extraits d'Espace de Juan Ramón Jiménez

 

 

« Monde offert, univers magique, et tout entier pour les autres et pour moi ! »

 

« Amour, avec toi et avec ta lumière tout est possible, et ce que tu fais, amour, ne finit jamais ! »

 

« la lumière est l'amour »

 

« Seul le Destin est immortel »

 

« le Destin est naturel »

 

« femme, toujours nouvelle pour le même amour, tu es la seule poésie. »

 

« si nous unissions ces espaces de notre nature, notre corps, ces visages et ces mains, le monde un jour deviendrait beau pour nous, il ne serait plus qu'une grande palme et qu'une grande fontaine, un tout uni que nous embrasserions dans une étreinte comme le temps et l'espace, un astre humain, l'astre embrassé sur l'orbite de la paix et de l'harmonie... »

 

Extraits d'Espace de Juan Ramón Jiménez

 

 

XVI

 

« Incomparable joie,

plonger les mains dans tes entrailles,

malaxer tes étoiles !

 

Et... lumineux effleurements

des autres mains qui cherchent leurs trésors ! »

 

Extrait d'un poème tiré de la première partie de Pierre et ciel

de Juan Ramón Jiménez

 

 

XVII

 

Terre de l'aube,

obscure,

toute humide d'étoile du matin,

comme tu deviens mon cœur !

 

Fleurs de l'aube,

mates,

trempées d'étoiles ;

que vous coulez bien de mes yeux !

 

Poème tiré de la première partie de Pierre et ciel

de Juan Ramón Jiménez

 

 

XXXVIII

ÉVEIL

 

Je voudrais toujours être pour toi, vie,

comme la fleur, qui après la nuit

du songe infini aux riches trésors

de ses feuilles fermées,

exhale, en un instant, s'ouvrant avec le jour,

toute l'essence de son rêve !

 

Poème tiré de la première partie de Pierre et ciel

de Juan Ramón Jiménez

 

 

VII

NOCTURNE RÊVÉ

 

« La terre à travers terre mène ;

mais toi, mer,

mènes à travers ciel.

 

Avec quelle assurance de feu d'or et d'argent,

les étoiles nous marquent

la route ! — On dirait

que le terre est le chemin

du corps,

que la mer est le chemin

de l'âme —. »

 

Extrait d'un poème tiré de la deuxième partie de Pierre et ciel

de Juan Ramón Jiménez

 

 

XI

 

« Trésors de l'azur,

que, dans un vol recommencé, jour après jour,

je rapporte à ma terre ! »

 

« Oh ! combien riches les mains de la vie,

toutes pleines de fleurs d'en haut ! »

 

Extraits d'un poème tiré de la troisième partie de Pierre et ciel

de Juan Ramón Jiménez

 

 

XVIII

 

Ne pas détruire la lumière...

Laisser l'heure mauvaise

s'écouler, tomber seule enfin

sous l'acacia en fleur du sentiment,

sous le ciel étoilé de l'idée.

 

Rien ne vaut le bonheur

de se comprendre, enfin, sous le front et le cœur,

pleins de bonté !

Puis,

dans un lent et souriant retour,

recouvrir d'une âme fleurie

les fosses entrouvertes,

y entasser les roses

toutes, toutes les roses ;

car l'âme bien taillée

ne cessera plus d'en donner ! —

 

Poème tiré de la troisième partie de Pierre et ciel

de Juan Ramón Jiménez

 

 

XXIII

 

I

 

Un soleil intérieur éclaire maintenant,

totalement, mon midi.

Dans la lumière, les derniers monts

de mon âme m'approchent leurs petites fleurs.

 

II

 

Plus de fond sans fin. L'abîme d'hier

est comme ce fossé

qu'enfant, je cru être l'enfer,

et qu'un soir d'amour, ô jeunesse !

je vis, passant devant, fleuri de roses rouges,

douces au soleil couchant.

 

Poème tiré de la troisième partie de Pierre et ciel

de Juan Ramón Jiménez

 

 

XXVIII

ACTUALITÉ

 

Le cœur immense

dans le soleil de chaque jour

l'arbre incendié des airs —,

fruits total du ciel bleu !

 

Faisons grande seule la vérité présente !

 

Poème tiré de la troisième partie de Pierre et ciel

de Juan Ramón Jiménez

 

 

XXXVI

 

« Goutte de miel, que savoure

l'âme folle, souriant en subite quiétude,

qui va jusqu'aux racines de la vie

ivresse d'irrigation nécessaire ! —

 

Goutte de miel, d'odeur, de mélodie, d'or,

goutte de lumière, goutte d'amour,

goutte de paix ! »

 

Extrait d'un poème tiré de la troisième partie de Pierre et ciel

de Juan Ramón Jiménez

 

 

XLVI

 

« Présent, avenir, flamme où seulement

je veux brûler ; mains fraîches de l'aurore,

entre les feuilles vertes des peupliers — mai ! —,

sans jardinier et arrosées d'eau libre ;

mains, toutes corps dénudé,

qui viennent si bien à mes mains avides ! »

 

Extrait d'un poème tiré de la troisième partie de Pierre et ciel

de Juan Ramón Jiménez

 

 

XLIX

SOIR

 

Comme, bercée dans les cimes dorées

des arbres, sous la douce brise, mon âme

me dit, libre, que je suis tout !

 

Poème tiré de la troisième partie de Pierre et ciel

de Juan Ramón Jiménez

 

 

III

 

SUR SES ASSISES FERMES

 

« La vie claire et moi ! Quelle liberté que la nôtre ! »

 

« Et les cloches claires de l'entendement chantent tout le pouvoir intérieur à l'infini ! »

 

Extraits d'un poème tiré Autres poèmes de vie et de mort

tiré des Fleuves qui s'en vont de Juan Ramón Jiménez

 

 

XXVI

 

À UNE JEUNE DIANE

 

« Tu fuis, mais de toi-même, et ne poursuis

Nul autre que toi-même, ô Diane farouche,

Dont toute la passion ne vise que l'aurore ! »

 

Derniers vers d'un poème des Sonnets spirituels

de Juan Ramón Jiménez

 

 

XLIV

 

OCTOBRE

 

« Le ciel, vert, en sa plus libre hauteur

De vaste plénitude, laisse les confins

Du monde en une apothéose de jardins

D'illusion. Ô grandiose après-midi ! »

 

Extrait d'un poème des Sonnets spirituels

de Juan Ramón Jiménez

 

 

I

 

Autour de la cime

du grand arbre volent,

volent mes rêves.

 

Colombes, couronnées

de lumières pures,

leur vol répand une musique.

 

Comme elles entrent, comme elles sortent

de l'arbre seul !

Comme elles m'enserrent en leur filet d'or !

 

Poème tiré de la première partie de Poésie en vers

de Juan Ramón Jiménez

 

 

XI

 

Poésie ; rosée

de chaque aurore, enfant

de chaque nuit ; fraîche, pure

vérité, des étoiles ultimes,

sur la vérité tendre

des premières fleurs !

 

Rosée, poésie ;

chute matinale du ciel sur le monde !

 

Poème tiré de la deuxième partie de Poésie en vers

de Juan Ramón Jiménez

 

 

XXVIII

 

Le corps nu, l'âme libre ;

éternelle jeunesse de ma chanson !

 

Poème tiré de la troisième partie de Poésie en vers

de Juan Ramón Jiménez

 

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Publié dans Juan Ramón Jiménez

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