Juan Ramón Jiménez (1)
« je suis un dieu sans épée, sans rien de ce que font les hommes avec leur science ; seulement avec ce qui est le fruit de la vie, ce qui change tout ; oui, de feu ou de lumière, de lumière. »
« J'entends toujours cette musique qui retentit au fond de tout, au loin ; elle m'appelle de la mer, dans la rue, dans le rêve. »
« la femme qui est notre tout et en qui devrait finir notre horizon. »
« si nous voulons être et paraître plus grands, cherchons à unir dans l'amour seul, non dans la quantité. »
« L'univers est unité des unités ; et quel vent calme ces nuages légers portent au zénith ; quelle douce lumière que cette totalité rougeoyante et unique. Totalité est la vie totale et douce. »
Extraits d'Espace de Juan Ramón Jiménez
« Pour me rappeler pourquoi je suis né, je reviens à toi, mer.
« La mer qui fut mon berceau, ma gloire et mon soutien ; la mer éternelle et seule qui me conduisit à l'amour » ; et c'est cette mer de l'amour qui vient maintenant dans mes mains, devenues plus dures, boire comme un agneau blanc la douceur de l'amour. »
« Comme on dit, l'arbre de l'hiver n'était pas sec, et j'ai cru en ma jeunesse ; comme moi, il porte le vert, l'or, l'écarlate dans ses racines et loin, très loin en lui, au point qu'il emplit de couleur deux infinis. »
« Quel beau printemps nous attend dans l'amour, hors de la haine ! Enfin je suis heureux ! »
« Que le monde en paix est grand, que l'azur est beau pour celui qui peut ne pas crier, qui peut chanter ; chanter et comprendre et aimer ! Immensité, c'est en toi et maintenant que je vis ; pas de montagnes, presque pas de pierre, pas d'eau, presque pas de
ciel ; immensité, et immensité seulement ; ce qui ouvre et qui sépare la mer du ciel, le ciel de la terre, et qui, en les ouvrant et en les séparant, les laisse plus unis et plus proches, remplissant de plénitude lointaine la totalité ! Espace, et temps et lumière en moi tout entier, dans les autres et en moi et dans les autres ! Moi avec l'immensité ! »
Extraits d'Espace de Juan Ramón Jiménez
« Monde offert, univers magique, et tout entier pour les autres et pour moi ! »
« Amour, avec toi et avec ta lumière tout est possible, et ce que tu fais, amour, ne finit jamais ! »
« la lumière est l'amour »
« Seul le Destin est immortel »
« le Destin est naturel »
« femme, toujours nouvelle pour le même amour, tu es la seule poésie. »
« si nous unissions ces espaces de notre nature, notre corps, ces visages et ces mains, le monde un jour deviendrait beau pour nous, il ne serait plus qu'une grande palme et qu'une grande fontaine, un tout uni que nous embrasserions dans une étreinte comme le temps et l'espace, un astre humain, l'astre embrassé sur l'orbite de la paix et de l'harmonie... »
Extraits d'Espace de Juan Ramón Jiménez
XVI
« Incomparable joie,
plonger les mains dans tes entrailles,
malaxer tes étoiles !
Et... lumineux effleurements
des autres mains qui cherchent leurs trésors ! »
Extrait d'un poème tiré de la première partie de Pierre et ciel
de Juan Ramón Jiménez
XVII
Terre de l'aube,
obscure,
toute humide d'étoile du matin,
comme tu deviens mon cœur !
Fleurs de l'aube,
mates,
trempées d'étoiles ;
que vous coulez bien de mes yeux !
Poème tiré de la première partie de Pierre et ciel
de Juan Ramón Jiménez
XXXVIII
ÉVEIL
Je voudrais toujours être pour toi, vie,
comme la fleur, qui après la nuit
du songe infini aux riches trésors
de ses feuilles fermées,
exhale, en un instant, s'ouvrant avec le jour,
toute l'essence de son rêve !
Poème tiré de la première partie de Pierre et ciel
de Juan Ramón Jiménez
VII
NOCTURNE RÊVÉ
« La terre à travers terre mène ;
mais toi, mer,
mènes à travers ciel.
Avec quelle assurance de feu d'or et d'argent,
les étoiles nous marquent
la route ! — On dirait
que le terre est le chemin
du corps,
que la mer est le chemin
de l'âme —. »
Extrait d'un poème tiré de la deuxième partie de Pierre et ciel
de Juan Ramón Jiménez
XI
« Trésors de l'azur,
que, dans un vol recommencé, jour après jour,
je rapporte à ma terre ! »
« Oh ! combien riches les mains de la vie,
toutes pleines de fleurs d'en haut ! »
Extraits d'un poème tiré de la troisième partie de Pierre et ciel
de Juan Ramón Jiménez
XVIII
Ne pas détruire la lumière...
Laisser l'heure mauvaise
s'écouler, tomber seule enfin
sous l'acacia en fleur du sentiment,
sous le ciel étoilé de l'idée.
Rien ne vaut le bonheur
de se comprendre, enfin, sous le front et le cœur,
pleins de bonté !
Puis,
dans un lent et souriant retour,
recouvrir d'une âme fleurie
les fosses entrouvertes,
y entasser les roses
— toutes, toutes les roses ;
car l'âme bien taillée
ne cessera plus d'en donner ! —
Poème tiré de la troisième partie de Pierre et ciel
de Juan Ramón Jiménez
XXIII
I
Un soleil intérieur éclaire maintenant,
totalement, mon midi.
Dans la lumière, les derniers monts
de mon âme m'approchent leurs petites fleurs.
II
Plus de fond sans fin. L'abîme d'hier
est comme ce fossé
qu'enfant, je cru être l'enfer,
et qu'un soir d'amour, ô jeunesse !
je vis, passant devant, fleuri de roses rouges,
douces au soleil couchant.
Poème tiré de la troisième partie de Pierre et ciel
de Juan Ramón Jiménez
XXVIII
ACTUALITÉ
Le cœur immense
dans le soleil de chaque jour
— l'arbre incendié des airs —,
fruits total du ciel bleu !
Faisons grande seule la vérité présente !
Poème tiré de la troisième partie de Pierre et ciel
de Juan Ramón Jiménez
XXXVI
« Goutte de miel, que savoure
l'âme folle, souriant en subite quiétude,
qui va jusqu'aux racines de la vie
— ivresse d'irrigation nécessaire ! —
Goutte de miel, d'odeur, de mélodie, d'or,
goutte de lumière, goutte d'amour,
goutte de paix ! »
Extrait d'un poème tiré de la troisième partie de Pierre et ciel
de Juan Ramón Jiménez
XLVI
« Présent, avenir, flamme où seulement
je veux brûler ; mains fraîches de l'aurore,
entre les feuilles vertes des peupliers — mai ! —,
sans jardinier et arrosées d'eau libre ;
mains, toutes corps dénudé,
qui viennent si bien à mes mains avides ! »
Extrait d'un poème tiré de la troisième partie de Pierre et ciel
de Juan Ramón Jiménez
XLIX
SOIR
Comme, bercée dans les cimes dorées
des arbres, sous la douce brise, mon âme
me dit, libre, que je suis tout !
Poème tiré de la troisième partie de Pierre et ciel
de Juan Ramón Jiménez
III
SUR SES ASSISES FERMES
« La vie claire et moi ! Quelle liberté que la nôtre ! »
« Et les cloches claires de l'entendement chantent tout le pouvoir intérieur à l'infini ! »
Extraits d'un poème tiré Autres poèmes de vie et de mort
tiré des Fleuves qui s'en vont de Juan Ramón Jiménez
XXVI
À UNE JEUNE DIANE
« Tu fuis, mais de toi-même, et ne poursuis
Nul autre que toi-même, ô Diane farouche,
Dont toute la passion ne vise que l'aurore ! »
Derniers vers d'un poème des Sonnets spirituels
de Juan Ramón Jiménez
XLIV
OCTOBRE
« Le ciel, vert, en sa plus libre hauteur
De vaste plénitude, laisse les confins
Du monde en une apothéose de jardins
D'illusion. Ô grandiose après-midi ! »
Extrait d'un poème des Sonnets spirituels
de Juan Ramón Jiménez
I
Autour de la cime
du grand arbre volent,
volent mes rêves.
Colombes, couronnées
de lumières pures,
leur vol répand une musique.
Comme elles entrent, comme elles sortent
de l'arbre seul !
Comme elles m'enserrent en leur filet d'or !
Poème tiré de la première partie de Poésie en vers
de Juan Ramón Jiménez
XI
Poésie ; rosée
de chaque aurore, enfant
de chaque nuit ; fraîche, pure
vérité, des étoiles ultimes,
sur la vérité tendre
des premières fleurs !
Rosée, poésie ;
chute matinale du ciel sur le monde !
Poème tiré de la deuxième partie de Poésie en vers
de Juan Ramón Jiménez
XXVIII
Le corps nu, l'âme libre ;
éternelle jeunesse de ma chanson !
Poème tiré de la troisième partie de Poésie en vers
de Juan Ramón Jiménez