Juan Ramón Jiménez (2)

Publié le par Nicolas Urvoy

I

 

Sois enraciné ;

mais que l'on ne voit pas

ta racine.

 

Seulement, dans le jour nouveau,

le vert, l'oiseau, la fleur !

 

Poème tiré de la quatrième partie de Poésie en vers

de Juan Ramón Jiménez

 

 

XII

 

ÉTÉ

 

Le saut !

Quelle joie dans ces jambes blanches,

ces bras gracieux !

 

Dessous, l'eau. —

 

Ce sont des fleurs ;

des fleurs du pré et de la chair ;

des secrets, des voix !

 

Et l'eau, qui coule. —

 

Ce sont des lunes ;

lunes du corps et du ciel,

femme nue !

 

Poème tiré de la quatrième partie de Poésie en vers

de Juan Ramón Jiménez

 

 

XV

 

ROSES FRAÎCHES

 

Quelle plus belle prière,

quel plus haut désir

que de sourire aux roses

du matin ;

de mettre leur belle âme

au dedans de notre âme ;

de tout désirer

avec leur parfum !

 

Poème tiré de la quatrième partie de Poésie en vers

de Juan Ramón Jiménez

 

 

II

 

SOLEIL

 

L'eau éternelle — dans l'ombre — chante

et les fleurs nouvelles l'écoutent.

Que ne vienne personne ici

d'autre que la femme nue !

 

Poème tiré de la première partie de Beauté

de Juan Ramón Jiménez

 

 

V

 

Cette vie, que j'aime

plus que ma vie — mouvement,

en moi, d'un moi immortel, plus moi

que moi — ; qui me fait

ombre et oubli, qui me fait

désir et lumière !

 

Poème tiré de la première partie de Beauté

de Juan Ramón Jiménez

 

 

VII

 

Comme il est beau de vivre ainsi toujours debout,

beauté ! —

pour le repos éternel d'un instant !

 

Poème tiré de la première partie de Beauté

de Juan Ramón Jiménez

 

 

XV

 

Comme à travers un cristal de roche,

femme nue, comme

l'on voit à travers toi la vie bordée

si précieuse ! —

d'or et de couleurs !

 

C'est comme un autre univers

unique — entre l'urne de chair et notre œil —

prisonnier de fers aux couleurs de l'iris,

avec un zeste de lumière,

et tout son secret entre nos mains.

 

Poème tiré de la première partie de Beauté

de Juan Ramón Jiménez

 

 

XXI

 

LA MORT

 

« Ô vie, divine vie ! »

 

Extrait d'un poème de la deuxième partie de Beauté

de Juan Ramón Jiménez

 

 

XL

 

LE COURANT INFINI

 

Mon âme coule, telle une eau pure,

entre une rive d'or de souvenir

et une autre dorée d'espérance,

reflétant, sur un point, les deux passions

et les égalant, en leur fugue

vers l'éternelle nouveauté.

 

Poème tiré de la deuxième partie de Beauté

de Juan Ramón Jiménez

 

 

III

 

PRÉSENCE

 

Sans nuage le ciel !

Sans un voile le corps !

Vive la gloire extérieure ;

la vérité et la terre !

 

L'eau qui s'écoule libre !

L'âme exempte de toute norme !

Vive la lumière du jour ;

l'évidence de la vie !

 

Ni illusion ni fatigue !

Comme chantent les oiseaux !

Vive les choses connues ;

la main et la saison d'été !

 

Poème tiré de la troisième partie de Beauté

de Juan Ramón Jiménez

 

 

IX

 

NATURE

 

Tout infini auquel j'aspire,

beauté, œuvre, amour, bonheur —,

est, au même instant, moi.

 

Et l'infini reste le même.

 

Poème tiré de la troisième partie de Beauté

de Juan Ramón Jiménez

 

 

XXXVIII

 

SOLEIL DANS LA CABINE

 

« Amour, regard ouvert,

volonté indicible ! »

 

Extrait d'un poème de la deuxième partie

du Journal d'un poète jeune marié

de Juan Ramón Jiménez

 

 

LXXIX

 

« — Quelle joie ! Que c'est beau !

Guirlande quotidienne de ma vie,

reverdie toujours par la méthode ! »

 

Extrait d'un poème de la troisième partie

du Journal d'un poète jeune marié

de Juan Ramón Jiménez

 

 

CVII

 

PRINTEMPS ?

 

Oui. Mets-toi sur la pointe des pieds. Ne vois-tu pas le monde, comme si c'était un soleil naissant, derrière l'arbuste vert, blanc et rouge carmin de l'aurore ?

 

Poème tiré de la troisième partie

du Journal d'un poète jeune marié

de Juan Ramón Jiménez

 

 

CXVII

 

CHANSON

 

Je ne vis que dans

le printemps !

Vous qui le voyez du dehors

que connaissez-vous de son centre ?

Si vous allez à sa rencontre,

mon rêve ne s'altère pas... —

Je ne vis que dans

le printemps !

 

Poème tiré de la troisième partie

du Journal d'un poète jeune marié

de Juan Ramón Jiménez

 

 

CXIX

 

SÉRÉNADE SPIRITUELLE

 

« Il est si bon de donner, soi, entier

son désir ardent, sans récompense !

C'est cela la vie immense,

L'amour vrai ! »

 

Extrait d'un poème de la troisième partie

du Journal d'un poète jeune marié

de Juan Ramón Jiménez

 

 

CLXXXV

 

VIE

 

Ton nom aujourd'hui, mer, est vie.

Jamais rien n'a palpité ainsi, avec la richesse sans rives

de ton mobile et lucide brocart vert argent,

blanche entraille et bleu de l'éternelle beauté ;

gisement sans fin de cœurs

de toutes les couleurs

et de toutes les lumières ;

mer vivante, vivante, vivante ! toute vivante et rien que

vivante !

seulement et pour toujours vivante, mer !

 

Poème tiré de la quatrième partie

du Journal d'un poète jeune marié

de Juan Ramón Jiménez

 

 

CCXVII

 

SIMPLICITÉ

 

« Simplicité pure,

source du tendre pré de mon âme,

odeur de l'heureux jardin de mon âme,

chanson de la mer tranquille de mon âme,

lumière du jour serein de mon âme ! »

 

Extrait d'un poème de la cinquième partie

du Journal d'un poète jeune marié

de Juan Ramón Jiménez

 

 

LXVII. CONVALESCENCE

 

« Mon âme se déverse, purifiante, comme un torrent céleste qui jaillirait dans l'ombre, du sommet de mon cœur. »

 

Extrait d'un poème de Platero et moi

de Juan Ramón Jiménez

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Publié dans Juan Ramón Jiménez

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