Friedrich Hölderlin, Louise Ackermann, Marc Aurèle, Platon, Pablo Picasso, Claude Roy

Publié le par Nicolas Urvoy

« Un tout-puissant attrait

Veut que sans fin l'eau fraîche de la vie,

Impatiente, aille un cours resserré,

Jusqu'au repos dans la mer, son pays. »

 

Car comme il le dit deux paragraphes plus loin :

 

« La vie n'a pas la mort pour vocation »

 

Extrait du poème Le jeune aux sages conseilleurs

des œuvres de 1797 - 1798

de Friedrich Hölderlin

 

 

Faveur des hommes

 

« Au divin portent foi

Ceux-là seuls qui le sont eux-mêmes. »

 

Extrait des Douze odes épigrammatiques

de Friedrich Hölderlin

 

 

« Ô, du sommeil éveillez aussi, poètes,

Ces endormis-là, donnez les lois, donnez-

Nous vie, héros, triomphez, vous seuls

Avez, comme Bacchus, droit de conquête. »

 

Extrait du poème À nos grand poètes

d'Hypérion ou l'ermite de Grèce

de Friedrich Hölderlin

 

 

Pour ma gouverne*

 

« Apprends l'art dans la vie, apprends la vie dans l'œuvre d'art,

Si tu vois juste en l'une, en l'autre aussi tu le feras. »

 

* traduit du grec

 

Extrait d'Odes - Cahier de brouillons de Friedrich Hölderlin

 

 

« La richesse brûle. Par faute

D'un chant qui libère l'Esprit.

Il se consumerait

Et se tournerait contre lui-même

Car jamais n'endure

La captivité le feu du Ciel. »

 

Extrait du poème Les Titans

In-folio de Hombourg

de Friedrich Hölderlin

 

 

« Pareil à l'homme mangeur d'hommes

Est celui qui vit sans

< amour > »

 

Extrait du poème Pays

In-folio de Hombourg

de Friedrich Hölderlin

 

 

« Et le ciel devient comme la maison d'un peintre

Quand ses tableaux sont exposés.

 

 

Car il est sans demeure.

Aucun signe

N'enchaîne.

Il n'est pas toujours

 

Qu'un vase le contienne. »

 

Extrait du poème Pays

In-folio de Hombourg

de Friedrich Hölderlin

 

 

« Quand, pressant sur ce cœur qui va bientôt s'éteindre

Un autre objet souffrant, forme vaine ici-bas,

Il vous semble, mortels, que vous allez étreindre

L'Infini dans vos bras.

 

Ces délires sacrés, ces désirs sans mesure

Déchaînés dans vos flancs comme d'ardents essaims,

Ces transports, c'est déjà l'Humanité future

Qui s'agite en vos seins. »

 

Et de poursuivre :

 

« Tous les êtres, formant une chaîne éternelle,

Se passent, en courant, le flambeau de l'Amour.

Chacun rapidement prend la torche immortelle,

Et la rend à son tour. »

 

Extraits du poème L'amour et la mort

de Louise Ackermann

 

 

« Ainsi, jamais d'arrêt. L'immortelle matière

Un seul instant encor n'a pu se reposer,

La Nature ne fait, patiente ouvrière,

Que dissoudre et recomposer.

 

Tout se métamorphose entre ses mains actives ;

Partout le mouvement incessant et divers,

Dans le cercle éternel des formes fugitives,

Agitant l'immense univers. »

 

Extrait du poème Le nuage

de Louise Ackermann

 

 

« Tant que je sens encor, sous ma moindre caresse,

Un sein vivant frémir et battre à coups pressés,

Qu'au-dessus du néant un même flot d'ivresse

Nous soulève enlacés,

 

Sans regret inutile et sans plaintes amères,

Par la réalité je me laisse ravir.

Non, mon cœur ne s'est pas jeté sur des chimères :

Il sait où s'assouvir.

 

Qu'ai-je affaire vraiment de votre là-haut morne,

Moi qui ne suis qu'élan, que tendresse et transports ?

Mon ciel est ici-bas, grand ouvert et sans borne ;

Je m'y lance, âme et corps.

 

Durer n'est rien. Nature, ô créatrice, ô mère !

Quand sous ton œil divin un couple s'est uni,

Qu'importe à leur amour qu'il se sache éphémère

S'il se sent infini ? »

 

Extrait du poème Paroles d'un amant

de Louise Ackermann

 

 

« Ne me vois-tu donc pas, sans fatigue et sans trêve,

Remplir l'immensité des œuvres de mes mains ?

Vers un terme inconnu, mon espoir et mon rêve,

M'élancer par mille chemins,

 

Appelant, tour à tour patiente ou pressée,

Et jusqu'en mes écarts poursuivant mon dessein,

À la forme, à la vie et même à la pensée

La matière éparse en mon sein ? »

 

Extrait du poème La Nature à l'homme

de Louise Ackermann

 

 

« L'éternel mouvement n'est que l'élan des choses

Vers l'idéal sacré qu'entrevoit mon désir ;

Dans le cours ascendant de mes métamorphoses

Je le poursuis sans le saisir ;

 

Je le demande aux cieux, à l'onde, à l'air fluide,

Aux éléments confus, aux soleils éclatants ;

S'il m'échappe ou résiste à mon étreinte avide,

Je le prendrai des mains du Temps.

 

Quand j'entasse à la fois naissances, funérailles,

Quand je crée ou détruis avec acharnement,

Que fais-je donc, sinon préparer mes entrailles

Pour ce suprême enfantement ?

 

Point d'arrêt à mes pas, point de trêve à ma tache !

Toujours recommencer et toujours repartir.

Mais je n'engendre pas sans fin et sans relâche

Pour le plaisir d'anéantir.

 

J'ai déjà trop longtemps fait œuvre de marâtre,

J'ai trop enseveli, j'ai trop exterminé,

Moi qui ne suis au fond que la mère idolâtre

D'un seul enfant qui n'est pas né. »

 

Extrait du poème La Nature à l'homme

de Louise Ackermann

 

 

« Si, si, tu le savais. L'amour a son langage.

Oh ! comme on l'apprend vite et sans l'avoir appris ! »

 

Extrait des poèmes Pascal

de Louise Ackermann

 

 

« Raisin vert, raisin mûr, raisin sec, tout est changement, non pour ne plus être, mais pour devenir ce qui n'est pas encore. »

 

Extrait des Pensées pour moi-même de Marc Aurèle

 

 

« Amour* est un poète »

 

* raccourci personnel

 

« il est donc nécessaire que l'Amour soit philosophe »

 

Extraits du Banquet de Platon

 

 

« L'art ne peut être qu'érotique. »

 

Citation de Pablo Picasso

Extraite de l'ouvrage Picasso : L'art ne peut être qu'érotique

de Diana Widmaier Picasso

 

 

« J'entends venir à moi du très loin de l'aurore

Un monde où la bonté rit dans tous les miroirs

 

un monde qui fera les quatre volonté de l'homme

 

Et si vous demandiez tout bas n'osant encore y croire

qui sont ces étrangers ils ignorent la haine

et pour qui cette fête chaque jour recommencée

pour qui cette clarté des lampes et qui donc a

donné aux jours cette simplicité de jour tout frais levé

et pourquoi ces rires cette musique cette gaîté du vent

enfin enfin semblable à cette fraîcheur

si longtemps imaginée si longtemps poursuivie

et si vous demandiez qui sont ces hommes

à visage d'hommes vivants ces hommes habillés

de joie simple et de confiance claire

le vent vous répondrait

 

Ils sont vous-même vous enfin très ressemblant

au visage parfait qui s'ignorait en vous

Ils sont l'impatience qui parlait au futur

et dirait au présent l'homme ami de lui-même. »

 

Extrait du poème Jamais je ne pourrai

de Les circonstances de Claude Roy

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