Walt Whitman
« Voici que le ciel tend son arc sur nos têtes, nous sentons
la vacillement du pont sous nos pieds,
Nous sentons les longues pulsations, le flux le reflux du
mouvement infini,
Les tonalités du mystère invisible, les vastes vagues
suggestions de la salure liquide, des syllabes fluides et
liquides,
Le parfum, le craquement léger des cordages, le rythme
mélancolique,
L'horizon sans borne, l'horizon brumeux lointain, tout
nous accompagne,
Et voici devant nous le poème de l'océan. »
Extrait du poème Dans la cabine des vaisseaux en mer
de Walt Whitman
« pourquoi un homme une femme ne produirait-ils pas autant que les saisons, ne diffuseraient-ils pas autant ? »
Extrait du poème En voyage par les États de Walt Whitman
« Aucune chose n'est faite pour elle seule,
Je dis donc que la terre entière et les étoiles dans le ciel
sont faites pour la religion.
Je prétends qu'aucun homme jusqu'à nous n'a fait preuve
de suffisamment de dévotion,
N'a adoré, n'a vénéré avec suffisamment d'adoration,
N'a seulement commencé d'imaginer combien lui-même
avait de divinité en lui, combien de certitude le futur
avait pour lui. »
« Mais il y a quelque chose de tout aussi extraordinaire qui fait
tout coïncider,
Qui, merveilleusement, par-delà la matière, ouvre ses larges
mains providentielles en continuité. »
« Prophétie spirituelle de la matière qui flue et scintille tout
autour de moi »
Extraits du recueil Départ à Paumanok de Walt Whitman
« Ah ! camerado chéri ! Toi et moi à la fin, nous deux seuls
ensemble !
Ah ! le mot unique qui dégagera à l'infini l'horizon devant
nous !
Ah ! l'extase qui ne se démontrera plus ! Ah ! la musique
sauvage !
Ah ! comme je triomphe et comme tu triompheras tout à
l'heure !
Ah ! ma main dans ta main — l'intégrité du plaisir — ah !
mon amant, mon autre désir,
Ah ! dans notre enchaînement ferme, pressons-nous vite,
vite avançons ! »
Extrait du recueil Départ à Paumanok de Walt Whitman
« Tu maîtriseras la richesse de la terre et du soleil (un million
de soleils inconnus encore à découvrir !) »
« Pression, incessante pression,
Inlassable pression procréatrice d'univers. »
Extraits du recueil Chanson de moi-même de Walt Whitman
« Le plus timide bourgeons est la preuve qu'il n'y a pas de
mort réelle,
Laquelle ne vint un jour que pour introduire la vie et non
viser à son interruption finale,
Mais bien pour, dès sa parution, s'effacer devant elle.
Non ! tout marche vers l'avant, tout s'en va vers le large,
rien ne s'effondre,
Mourir ne ressemble pas à ce que vous ou moi supposerions,
c'est une chance. »
Extraits du recueil Chanson de moi-même de Walt Whitman
« Je veux que désormais la vie soit un grand chant de joies !
Je veux danser, battre des mains, exulter et crier, sauter,
bondir en l'air, me rouler par terre, surtout flotter,
flotter !
Car je serai marin du monde partant pour tous les ports
Car je serai bateau (avez-vous vu mes voiles, déployées
au soleil et à l'air ?),
Navire vif cales gonflées d'une précieuse cargaison de
paroles et de joies. »
Extrait du recueil Chanson de joies de Walt Whitman
« pour toi mon chant, ma femme. »
« Je laisse les autres finir leur prélèvements, je ne finirai pas
les miens,
Je suis guide aux lois inépuisables de la Nature, nouvelle et
moderne continuellement. »
Extrait du recueil Vols d'oiseaux de Walt Whitman
« Chante en chantier mille cités d'éclosion à venir sur ces
coraux d'îles maritimes. »
Extrait du recueil Une parade dans Broadway
de Walt Whitman
« Folle la mer qui se presse au rivage,
Folle, folle d'amour. »
Extrait du recueil Drossé au sable de Walt Whitman
« Ô mer, pavoise et hisse les flammes distinctes de tes
nations !
Hisse plus clair que jamais les multiples enseignes !
Hisse pour toi seule aussi comme pour l'âme des hommes,
plus haut que tout, un pavillon
Tissé d'étoffe spirituelle, drapeau de l'homme plus grand que
la mort, signe à toutes les nations »
Extrait du recueil Drossé au sable de Walt Whitman
« Je veux interminablement les yeux — je veux les femmes
— je veux les camarades les amants par milliers !
Je veux qu'il en vienne de nouveaux tous les jours — je veux
tenir des mains différentes dans ma main tous les jours ! »
« Des amants dépendra la Liberté,
Des camarades la poursuites de l'Égalité. »
Et de poursuivre :
« (Vous attendiez-vous à être réunis par notaire ?
Par contrat de papier ? par les armes ?
Non ! jamais la cohésion des êtres vivants, du monde n'est
atteinte ainsi !) »
Extraits du recueil Le tambour bat de Walt Whitman
« (Âme d'amour langue de feu !
Œil apte à percer les fonds abyssaux à embrasser le monde,
Ah ! ma prolifique Mère qui regorge de richesses, quelle
longue stérilité pourtant, comme elle fut longue !) »
« La grand Idée,
Voilà, mes frères, la mission du poète. »
« Au fond de tout, la Nativité. »
« Je suis du côté des indomptés,
Du côté des hommes et des femmes de tempérament
indomptable,
Dans le camp de ceux que ni lois ni théories ni conventions
ne dompteront jamais.
Je suis du côté de ceux qui marchent à hauteur de la terre
entière,
Qui d'une inauguration inaugurent tout ensemble. »
« J'invoque des bardes pour mon pays, rien d'autre
(Car la guerre est finie, le champ est dégagé),
Des bardes qui entament des mesures désormais de chants
de triomphe, de chants d'alliance,
Qui applaudissent ton âme à l'espoir infini ô ma Mère. »
Extraits du recueil Sur les rives de l'Ontario bleu
de Walt Whitman
Renversements
Que passe derrière ce qui était devant,
Qu'avance au premier rang ce qui était derrière,
Que bigots, fous, mains sales offrent des propositions neuves,
Que les proposition anciennes soient différées,
Qu'un homme recherche le plaisir partout ailleurs qu'en lui,
Qu'une femme cherche le bonheur partout ailleurs qu'en elle.
Poème de Walt Whitman
« Comme à travers moi-même le monde entier coulent les
ruisseaux
Tendus, happés qu'ils sont par l'océan mystique.
Ils sont courants à démarrer un continent nouveau,
Sont ouvertures faites au solide par le liquide,
Sont fusion d'océan de sol ferme, tendres vagues réflexives »
« Claire toi ma gorge, claire toi mon âme !
Saison des mercis, voix des récoltes pleines,
Psaumes de la joie, de la puissance, de la fécondité sans
fin. »
Extraits du recueil L'Automne en ses ruisseaux
de Walt Whitman
« Déplié de la pliure des plis de la femme naît l'homme
déplié et qui naîtra toujours ainsi,
Déplié de la plus belle créature de la terre proviendra
l'homme le plus beau de la terre, c'est ainsi non
autrement,
Déplié de la femme la plus aimante de la terre viendra
l'homme le plus aimant,
Déplié du corps parfait d'une femme naîtra l'homme aux
formes parfaites, c'est la seule voie,
Dépliés des inimitables poème de la femme proviendront
les poèmes de l'homme (c'est la seule origine pour les
poèmes) »
Extrait du recueil L'Automne en ses ruisseaux
de Walt Whitman
« l'église ce sont les âmes, les âmes vivantes ! »
Citation de George Fox
Extraite du recueil L'Automne en ses ruisseaux
de Walt Whitman
« Tu occupes tous mes désirs d'harmonie, Union, tu es mon
chant d'oiseau divin ! »
Extrait du recueil L'Automne en ses ruisseaux
de Walt Whitman
« Ah, l'harmonieuse musique de la terre »
« Joie à la liberté joie, amour, adoration ! joie à l'extase de la vie ! »
Extrait du recueil De midi jusqu'aux constellation de minuit
de Walt Whitman
« Ô l'amour, fructifie tout par les dissolutions de ta chimie ultime. »
« J'annonce que vont paraître des personnes naturelles,
J'annonce que la justice triomphera,
J'annonce une liberté une égalité sans compromission,
J'annonce la justification de la candeur la justification de
l'orgueil. »
Extrait du recueil Chansons pour une séparation
de Walt Whitman
Quand parut le poète dans sa maturité
Quand parut le poète dans sa maturité,
S'exclama le bonheur de la Nature (l'impassible globe rond
avec tout son théâtre de jours de nuits), disant, Il
m'appartient ;
À quoi répondit tout haut l'Âme de l'homme, fière, jalouse,
irréconciliable,
Non, c'est à moi qu'il appartient ;
Alors le poète dans sa maturité s'interposa, les prenant l'une
et l'autre par la main ;
Et il n'a plus bougé depuis, les unissant, les mêlant, mains
fermement tenues,
Qu'il ne lâchera pas tant qu'il ne les aura pas réconciliées,
Qu'il ne les aura pas fait fusionner.
Poème de Walt Whitman
Bourgeons invisibles
Bourgeons invisibles, infinis, bien dissimulés,
Sous la glace la neige, l'obscurité, dans chaque pouce cubique
ou carré,
Germination exquise, dentelle délicate, microscopiques, à
naître,
Comme bébés dans l'utérus, latents, repliés, compacts,
endormis ;
Milliards de milliards, millions de milliards de millions de
milliards dans l'attente
(Dans la mer sur la terre — dans l'univers — aux étoiles dans
le ciel),
Poussant patiemment, allant vers l'avant sans faiblesse, se
formant sans fin,
Et attendant toujours plus, toujours plus dans la suite.
Poème de Walt Whitman