Vivre-en-poésie - XIII - Dithyrambes & Conception

Publié le par Nicolas Urvoy

Pour Brie Larson Que J'Aime ~

 

 

 

 

 

 

 

« On ne peut trouver la paix en fuyant la vie »

 

Virginia Woolf

 

 

 

 

Dithyrambes

 

 

 

À ma mère que j'aime tant ~

 

 

҉

 

 

 

Folies sucres embruns ~

Délicieusement y nous ~

Ma Pléiade ~

Mes Ishtars ~

Ô toi mer ~

D'algues

cieux ~

 

 

À mes parents ~

 

 

҉

 

 

 

Ô mes rives mes aimées ~

Mes parcours cimes laits cieux ~

Vous mes tendres chantements* ~

Mes saveurs goyaveraie* ~

Oui vous moult-z-exquises ~

Ô oui combles rhumeraie* ~

 

 

 

 

 

҉

 

 

 

Ô cépages de cantiques ~

Toi mes hymnes lianesques* ~

Allant verse coraux ~

Mon émail et ma ronde ~

Ô douceurs des mercis ~

 

 

 

 

 

҉

 

 

 

Versijours* chromatiques ~

Aux archanges diapreties* ~

Oui d'aux fauves mielleusetés* ~

Nous mes heurs mes divines ~

Mes vertiges d'en sains mats ~

Tout mon être d'exquises ~

Ô oui gemmes de mes bras ~

 

 

 

 

 

҉

 

 

 

Ôh* ~

Toi mes ors

d'abeillements* ~

Tous ces glaives surbleutés* ~

Ces lux arts coloriages ~

Ôh ~

Oui tes œuvres mes mains ~

Toi l'éthyle* âtre y feux ~

 

 

 

 

 

҉

 

 

 

Ô cannelles mes diseuses ~

Toi mes souffles destins ~

Mes orgueils d'y fruits soies ~

Tous ces rêves oraclaires* ~

Ôh ~

Oui ces combles de joies ~

 

 

 

 

 

҉

 

 

 

Cieux archanges Coquelicots ~

Toi mes stupres en grappes ~

Mes sains lustres Venises ~

Tout aux roses d'en ibis ~

Aux chaleurs d'y miellats ~

Toi mon antre d'avecs* ~

Ma devise parturiats* ~

 

 

 

 

 

҉

 

 

 

Sauvagines merveilleuses ~

Ô oui pulpes en jouirs* ~

Gloires en deltas suprêmes ~

Alambique

vénuseries* ~

Toi de rêves et d'empires ~

Mon albâtre mon

nid ~

 

 

 

 

 

҉

 

 

 

Ô oui conques enchanteresses ~

Porte-émails* divinement ~

Toi mes jungles choreutes ~

Mon nectar oui mes salves ~

Ô hiatus mon dieu loi ~

 

 

 

 

 

҉

 

 

 

Valses gorges d'éclats ~

Tisons d'œuvres émeraudes ~

Laits des ors s'y viviers ~

Tout l'hymnesque* et tout l'heur ~

Ô mon astre en bonté ~

M'y délices bleu d'y tien ~

 

 

 

 

҉

 

 

 

Cigalières mon exquise ~

Feux des sourdres* effluves ~

De mes flores soleilliques* ~

Ô mes sœurs de lumières ~

Tout mon jour cet éden ~

En prodiges nous ici ~

 

 

 

 

҉

 

 

 

Piaulés sorts colombes y ~

Des maïeute* oui des arts ~

Versiplages* nitescences ~

Ô oui sèves

Mauritius ~

Filaos jouissifères* ~

Z-et thés sucre beautés ~

Mon amour ces extases ~

Divinent* lèvres émois ~

 

 

 

 

҉

 

 

 

Sirops bains mimosas ~

Lesbianismes pour dieu ~

Vies s'offrandes pareillement ~

Cette ambrine ces

nectars ~

Ô ces voûtes mielleusetés ~

Ces voyages

univers ~

Sont mes combles santé ~

 

 

 

 

҉

 

 

 

Capiteuses luxuriances ~

Virginales diapreties ~

De nos jours nos richesses ~

Nos si bellement

Paris ~

Oui je t'aime Rose y liance* ~

Jusqu'aux vergers des flots ~

 

 

 

 

҉

 

 

 

Pèlerinages de lilas ~

Près Yasmines voluptés ~

Près caresses près candeurs ~

Y gésines

vitaliennes* ~

Ces rayonnements sémilles* ~

Nous destinent par l'œillet ~

 

 

 

 

҉

 

 

 

Isabelles d'algues jeux ~

Tessitures émauxions* ~

Nos carrioles nos grands rires ~

Nos pastels friandises ~

Oui nos lèvres fauvistes ~

Nos regards archangeries* ~

Nous triomphent mémoriels ~

Âh* ~

Nous Venise arcs-en-fruit ~

 

 

 

 

҉

 

 

 

Feux des palmes des jungles ~

Oui maïs d'ors émeraudes ~

Pagaies d'hymnes grillons ~

Tous ces miels ces vertiges ~

Ces Visokes de bontés ~

Mon amour ma

décence ~

Tel un chœur ô baisers ~

 

 

 

 

҉

 

 

 

Baroquismes loyaux ~

Créolières* de mes cieux ~

De mes sables mes fleurs ~

Mes calices d'en

heureux ~

Tout ce temple mon jour ~

Ma chaleur de fierté ~

Oui ce cœur pellucide ~

Jouit ces noces d'être né ~

 

 

 

 

҉

 

 

 

Tisonnières* merveilleuses ~

Cathédrales archangetés* ~

Ces divineries* chanceuses ~

Ô parfumeries

étés ~

Ces doux prismes ferveurs ~

Oui ces philtres

écrins ~

Sont pirogues à l'exquise ~

Miellées d'astres pour sein ~

 

 

 

 

҉

 

 

 

Cousus d'hymnes en figues ~

De prières hibiscus ~

Tout d'ivresses légèretés ~

De corolles

Patricias ~

Nos fraîcheurs nos émaux ~

Oui nos langues près cristal ~

Nous gésines loi des jades ~

Merveillismes* en dieu ~

 

 

 

 

҉

 

 

 

Floraliaires* aloès ~

Blonds de graines ô de perles ~

De chaleurs diapretés* ~

Nos sérails nos

justices* ~

Oui nos transes dignissimes* ~

Nous compagnes en noces ~

D'éternellement bonté ~

 

 

 

 

҉

 

 

 

Pamplemousses de blancheur ~

Nectarines vahinés ~

Sucrant d'iodes féeriques ~

Z-et de lyres

paréos ~

Ces régals ces délices ~

Moult-z-heurs

divinement ~

Nous délivrent nous suavent* ~

Tout l'orgueil d'œuvre aimer ~

 

 

 

 

҉

 

 

 

Polleniaires* épousailles ~

Festivismes* joieries* ~

De blondeurs ananas ~

De papayes dévêtues ~

Bel orgisme* des heurs ~

Blancs harpismes* des vœux ~

Ô nous dignes essences ~

Luxuriantes féeries ~

 

 

 

 

҉

 

 

 

Justissimes* chardonnerets ~

Fleurements* suaves épluchés ~

Tout Ambroises d'ivreries* ~

De ramages en gaîtés ~

Cette eau lueurs merveilleuse ~

Cette agape

colibris ~

Nous dessine capiteuse ~

Aux voyages des ici ~

 

 

 

 

҉

 

 

 

Pâturages acacias ~

Flamboyantes Haleiniaires* ~

Voluptueuses créolies ~

De douceurs de merveilles ~

Ô oui d'astres laits nous ~

De chaleurs

étanchées ~

Oui ce coffre mon âge ~

Exagère nos en vie ~

 

 

 

 

҉

 

 

 

Ô clochettes orangetés* ~

Oui lucioles œuvrières* ~

Oui créances* palmeraies ~

Balancelles de

gaîtés ~

Mes amours évangiles ~

Tout mon être d'Antilles ~

Près nos creusements d'azur ~

Boit la mer en cocktails ~

 

 

 

 

҉

 

 

 

Hirondelles ô pralines ~

Toi mes angelots mes sœurs ~

Tout mon fleuve mes goélettes ~

Mes midismes* nos dieux ~

Toi mes gousses foudre aimance ~

Richissimes ô liqueurs ~

M'albatros ivretiques* ~

M'édenniennes*

cocoteraies ~

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҉

 

 

 

Vivrières blond muscat ~

Fleuriers* d'ors et d'argiles ~

De bonheurs océanes ~

Z-et d'hymnesques

lagons ~

Tous ces chœurs évangiles ~

Ces diaphanes

amandiers ~

Oui ces noces vénitiennes ~

Ô toi neiges de

juillet ~

 

 

 

 

҉

 

 

 

Cacaoyers en flammes ~

Incendiaires aux marées ~

Oui châtelaines en badianes ~

Ô oui jades

étoilées ~

Flots des glaives y voilures ~

Z-y glorieuses

d'ivoireté ~

Notre encole* s'oriflammes ~

Oui nous chance* d'ors aimers* ~

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Septembre 2014

 

Conception d'un poème

 

 

 

҉

 

 

 

Ô mes stances vigneronnes ~

 

 

 

 

Tout commence avec une envie, exemple : aujourd'hui j'écrirai le poème du jour pour ma mère. Ensuite il me faut toujours une accroche, et donc un mot qui me fasse résonner au premier abord, qui déclenche une musique et me relit au silence (mon silence). Dans le cas présent j'entamais Ulysse au seuil des îles de Lionel-Édouard Martin aux Éditions Ibis Rouge lorsque le mot "vigneronne" créa le déclique : j'alla directement sur mon fichier Word toujours ouvert et un "Ô" de démarrage me plut, j'entrais non plus en écoute de mon silence mais grâce à l'expérience en état d'écoute de mon silence. Dès lors ce vers brilla dans mon esprit, tel quel. Je me rappelai que j'avais déjà utilisé le terme "stances" au sens donné ci-dessous par le dictionnaire TLFi (Trésor de la Langue Française informatisé) :

 

II. − Les stances. Vastes salles du Vatican, décorées de fresques par Raphaël. Les stances de Raphaël, au Vatican (Rob. 1985). Le dôme de Saint Pierre, les stances du Vatican (...) tout offusquerait ses yeux [de saint Paul] (A. France, Pierre bl.,1905, p. 162).

 

La chose ne me paressant pas déranger l'autre poème je validais.

 

 

҉

 

 

 

Ô mes stances vigneronnes ~

Mes pupilles joyeusetés ~

 

 

 

 

Ce nouveau vers vint tout seul mot après mot très rapidement. Je ne réfléchis pas, c'est une recherche d'écoute : la musique valide toujours la concordance entre mon silence et la proposition faite.

 

 

҉

 

 

 

Ô mes stances vigneronnes ~

Mes pupilles joyeusetés ~

Oui mes temples sauvages ~

Ôh ~
Oui mes soûles archangeries* ~

 

 

 

 

Idem avec le vers suivant qui me vint d'une seule voix et auquel un "Ôh" de temporisation me parut la chose à faire, par habitude. Même chose pour le dernier vers qui me vint lui aussi d'une seule voix. Je ne savais pas encore ce que voulait dire "archangerie" mais cela n'avait aucune importance, comme d'habitude. Ce n'est jamais moi qui au premier abord prends la décision, mes néologismes s'imposent de part mon processus de création, le reste a toujours fonctionné ensuite.

 

 

҉

 

 

 

Ô mes stances vigneronnes ~

Mes pupilles joyeusetés ~

Oui mes temples sauvages ~

Ôh ~
Oui mes soûles archangeries* ~

Toi sibylles à mon âme ~

 

 

 

 

Le "Toi" me parut s'imposer de lui même, sans aucune réflexion, je suis toujours en état d'écoute de mon silence, puis tout le vers me vint. Je ne savais pas pourquoi "sibylles" que j'évitais consciemment depuis longtemps voulut s'écrire mais soit, je continuai sans m'être encore relu.

 

 

҉

 

 

 

Ô mes stances vigneronnes ~

Mes pupilles joyeusetés ~

Oui mes temples sauvages ~

Ôh ~
Oui mes soûles archangeries* ~

Toi sibylles à mon âme ~

La tout astres blondeurs ~

Tout d'ombelles paradis ~

 

 

 

 

Le vers suivant s'imposa avec plus de concentration, et j'enchaînai pour un final avec le dernier dont je venais, suite à une petite pause d'écriture et la reprise de mon livre en cours de lecture, de découvrir et d'aimer le terme "ombelle". Dès lors, je décidai de tout relire en murmurant, trouvant ainsi les bons ralentissements de lecture (insistances) ou autres nuances de musicalité comme à l'habitude et là : catastrophe ! Toute la fin est a retravailler (ce qui n'est pas rare).

 

 

҉

 

 

 

Ô mes stances vigneronnes ~

Mes pupilles joyeusetés ~

Oui mes temples sauvages ~
Oui mes soûles archangeries* ~

Toi sibylles à l'encore ~

Prodigieuses d'à mon âme ~

La tout astres blondeurs ~

Tout d'ombelles paradis ~

 

 

 

 

Il me manquait un vers c'était sûr. "prodigieuse" s'imposa à moi comme un besoin : je rajoutai donc un vers que j'ajustai entre "âme" et un bon vieux "encore" de dépannage au premier abord. Je relus et finalement le "Ôh" gâchait la rythmique : y en a plus ! Mais ça ne va toujours pas, la musique n'éveille pas assez mes couleurs : je cherche les fausses notes en me concentrant de plus en plus.

 

 

҉

 

 

 

Ô mes stances vigneronnes ~

Mes pupilles joyeusetés ~

Oui mes temples sauvages ~
Oui mes soûles archangeries* ~

Toi sibylles à l'encore ~

Prodigieuses d'à mon jour ~

Lui tout d'astres blondeurs ~

Tout d'ombelles paradis ~

 

 

 

 

Je finissais par trouver ! Il me fallait absolument remplacer "âme" ! Et il me fallut un moment pour entendre "jour" à sa place... Ensuite il me suffisait de corriger l'avant dernier vers et c'était bon ! Relecture agréable et sentiment de plénitude. Je vérifiai le nombre de pieds des vers qu'à aucun moment je n'avais compté : six partout c'était parfait ! En plus le poème possédait huit vers ! Et comme j'adore ce symbole d'infini... Quant à la rime elle est un bonus conscient mais jamais recherchée en elle-même.

 

(environ une heure pour la création de ce poème)

 

 

En conclusion je dirai ceci : je ne crois pas que des Victor Hugo aient jamais compté les pieds de leurs alexandrins (ce qui peut d'ailleurs expliquer les erreurs survenues), car personnellement c'est par la recherche de musicalité, et en état d'écoute de mon silence lors de mes créations que les six pieds m'apparurent comme des clés.

 

 

 

 

 

 

 

Décembre 2013

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