Octavio Paz (1)

Publié le par Nicolas Urvoy

« J'avance lentement et je peuple la nuit d'étoiles, de paroles, de la respiration d'une eau lointaine qui m'attend où paraît l'aube. »

 

Extrait du poème Liberté sur parole d'Octavio Paz

 

 

« Viens vole adviens éveille-toi

Romps les digues avance

Forêt de blancheurs

Marée d'armes blanches

Mer sans bride galopant dans la nuit

Étoile debout »

 

« Donne enfin l'heure de la rencontre

Horloge de Sang

Pierre de touche de cette vie. »

 

Extraits du poème Pierre de touche d'Octavio Paz

 

 

« Terre confuse imminence de sculpture

Le monde lève son front encore nu

Pierre polie et lisse où graver un chant

La lumière ouvre son éventail de noms

Début d'hymne comme un arbre

Vent et noms splendides dans le vent. »

 

Extrait du recueil Condition de nuage d'Octavio Paz

 

 

« À l'arbre du jour

pendent des fruits de jade,

feu et sang dans la nuit. »

 

Extrait du poème Leçon de choses d'Octavio Paz

 

 

« Midi futur, arbre immense au feuillage invisible. »

 

Extrait du poème Vers le poème d'Octavio Paz

 

 

« Tout est dieu. »

 

Extrait du poème Hymne parmi les ruines d'Octavio Paz

 

 

« Midi, élévation du monde. »

 

Extrait du poème Fontaine d'Octavio Paz

 

 

« Comme une mère amoureuse à l'excès, une mère terrible

qui étrangle,

comme une lionne taciturne et solaire,

comme une seule vague qui est toute la mer,

cela est arrivé sans bruit, est un roi qui a séjour dans chacun

de nous,

et le verre des jours fond et dans chaque poitrine il érige un

trône d'épine et de braise

et son empire est un hoquet solennel, une respiration

piétinée de dieux et de bêtes aux yeux dilatés,

à la bouche pleine d'insectes brûlants et qui prononce

une même syllabe nuit et jour, nuit et jour.

Été, bouche immense, voyelle faite de vapeur et de

halètement. »

 

Extrait du poème Mutra d'Octavio Paz

 

 

« Le regard intérieur se déploie et un monde de vertige

et de feu naît sous le front :

bleus soleils, tourbillons verts, becs de lumière qui fendent

des astres comme grenades,

tournesol solitaire, œil d'or tournoyant au centre d'une

esplanade calcinée,

forêts de sons, forêts d'échos, de réponses et d'ondes,

dialogue de transparences,

vent, galop d'eau entre les murs interminables d'une gorge

de jais,

cheval, comètes, fusée qui se cloue au cœur même de la

nuit, plumages, jets d'eau,

plumages, effloraison soudaine des torches, voiles, ailes,

invasion du blanc,

chant des oiseaux des îles sous le front du rêveur !

 

J'ouvris, je levai mes yeux et je vis comment la nuit se

couvrit d'étoiles.

Îles vivantes, bracelets d'îles en flammes, pierres ardentes

qui respirent, grappes de pierres vivantes,

sources, clartés, chevelures sur une épaule sombres,

combien de rivières là-haut et ce bruit lointain de l'eau

contre le feu !

Harpes, jardins de harpes. »

 

Extrait du poème La jarre cassée d'Octavio Paz

 

 

« Il faut dormir les yeux ouverts, il faut rêver avec les

mains,

rêver les rêves vivants d'une rivière qui cherche ses rives,

les rêves d'un soleil rêvant ses mondes,

il faut rêver à haute voix, il faut chanter jusqu'à ce que le

chant s'enracine, tronc, branches, oiseaux, astres,

chanter jusqu'à ce que le chant engendre et que sourde de la

côte du dormeur l'épi rouge de la résurrection,

l'eau de la femme, la source pour boire et se voir et se

reconnaître et se reprendre,

la source pour se savoir homme, l'eau qui se parle à

elle-même dans la nuit et nous nomme de notre nom,

la source qui dise je, tu, il, nous sous le grand arbre,

vivante statue de la pluie,

qui dise les pronoms pour nous reconnaître et être fidèles

à notre nom,

il faut rêver jusqu'à la source, remonter les siècles en

ramant,

au-delà de l'enfance, au-delà du commencement, au-delà

des eaux de baptême,

jeter à bas les murs entre l'homme et l'homme »

 

Extrait du poème La jarre cassée d'Octavio Paz

 

 

« il faut désenterrer la parole perdue, rêver vers l'intérieur,

vers l'extérieur,

déchiffrer le tatouage de la nuit et regarder midi dans les

yeux, lui arracher son masque,

se baigner dans le soleil et manger les fruit de la nuit,

épeler l'écriture de l'étoile et du fleuve,

écouter ce que disent le sang et la marée, la terre et le corps,

revenir au point de départ,

ni à l'intérieur ni à l'extérieur, ni en haut ni en bas, à la

croisée des chemins, où commencent les chemins ;

la lumière chante avec une rumeur d'eau, l'eau chante

avec une rumeur de feuillage,

l'aube est chargée de fruits, le jour et le nuit réconciliés

glissent comme un seul fleuve paisible,

le jour et la nuit se caressent longuement comme une

femme et un homme,

les saisons et les hommes coulent comme un seul fleuve

interminable sous des arches de siècles,

vers le centre vivant de l'origine, au-delà de la fin et du

commencement. »

 

Extrait du poème La jarre cassée d'Octavio Paz

 

 

« Entre la vie immortelle de la vie

Et la mort immortelle de l'histoire

Aujourd'hui est de tout jour

Quelle que soit la chambre

Fête d'ignorance et savoir de présence »

 

Extrait du poème Pierre sépulcrale d'Octavio Paz

 

 

« Avènement de l'instant

Le mouvement dans lequel s'érige

Et se défait l'être total

Conscience et mains pour saisir le temps

Je suis une histoire

Une mémoire qui s'invente

Je ne suis jamais seul

Je te parle toujours Tu me parle toujours »

 

Extrait du poème Vrindaban d'Octavio Paz

 

 

« L'écriture poétique c'est

apprendre à lire

le creux de l'écriture

dans l'écriture

non des traces de ce que nous fûmes

mais des chemins

vers ce que nous sommes »

 

Extrait du poème Lettre à Léon Felipe d'Octavio Paz

 

 

« contemplée par mon ouïe Horizon de musique étale

respirée par mes yeux Pont suspendu de la couleur

jusqu'à l'arôme

caressée par mon souffle Odeur nudité

entre les mains de l'air

entendue de ma langue Cantique des saveurs

happée par mon toucher Festin de brume »

 

Extrait du recueil Blanc d'Octavio Paz

 

 

« Animaux et choses deviennent langages,

au travers de nous l'univers s'entretient

avec lui-même. Nous sommes un fragment,

accompli dans son inaccomplissement —

de son discours. »

 

Extrait du poème Pierre sépulcrale d'Octavio Paz

 

 

« En cette vie il est une autre vie »

 

Extrait du poème Le temps même d'Octavio Paz

 

 

« Sur l'autre rive le soleil monte

à rebours

Ses racines s'enterrent dans le ciel

Nous pourrions nous cacher sous son feuillage

Avec ses branches nous allumons un feu

Le jour est habitable »

 

Extrait du poème Trowbridge Street d'Octavio Paz

 

 

Deux en un

 

Descend

nue

 

la lune la femme

par le puits par mes yeux

 

Poème d'Octavio Paz

 

 

« La poésie est connaissance, salut, pouvoir, abandon. Opération capable de changer le monde, l'activité poétique est révolutionnaire par nature ; exercice spirituel, elle est une méthode de libération intérieure. La poésie révèle le monde ; elle en crée un autre. »

 

Et de poursuivre :

 

« Folie, extase, logos. »

 

Puis :

 

« Confession. Expression innée. Vision ; musique ; symbole. Analogie : le poème est le coquillage où résonne la musique du monde, et rimes et mètres ne sont que les correspondances, les échos de l'harmonie universelle. Enseignement, morale, exemple ; révélation, danse, dialogue, monologue. »

 

Extraits de L'arc et la lyre d'Octavio Paz

 

 

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Publié dans Octavio Paz

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