Pierre Oster, Tristan Tzara, Robert Caze, Lao-tseu, Gabriela Mistral
« La poésie n'est que le langage même porté à son maximum de réalité, et qui s'ouvre à ce qui l'enveloppe et l'emplit. »
Extrait de Prétéritions
tiré des Notes d'un poète de Pierre Oster
« Nous ne devons pas, craintifs, nous amputer de l'univers. »
« La poésie est un éloge du soleil (il change) ; un rapport à la nudité énigmatique du nouveau ; le chant des formes qui sous le regard se transmuent. »
Extraits de Requêtes
tiré des Notes d'un poète de Pierre Oster
« Brisons la prison de la mauvaise spécificité poétique... Brisons-là ! »
« Que l'idée s'élargisse, ou s'épanouisse ! À l'aube d'un sensualisme absolu. »
Extraits de L'ordre du mouvement
tiré des Notes d'un poète de Pierre Oster
« Désir perpétuel d'une paisible connaissance par l'éloge. »
Extrait d'Alchimie de la lenteur
tiré des Notes d'un poète de Pierre Oster
« le monde
un chapeau avec des fleurs
le monde
un violon jouant sur une fleur
le monde
une bague faite pour une fleur »
Extrait du poème Sur une ride du soleil de Tristan Tzara
« la chanson savoureuse sur la gamme de la langue
les couleurs déposent leur poids et pensent
et pensent ou crient et restent et se nourrissent
de fruits légers comme la fumée planent
qui pense à la chaleur que tisse la parole
autour de son noyau le rêve qu'on appelle nous »
« je pense à la chaleur que tisse la parole
autour de son noyau le rêve qu'on appelle nous »
« est pétri de fleurs l'illisible soleil »
« une fontaine dans la poitrine et l'inépuisable saveur à
l'intérieur »
« son amour jaillit de la chaleur du geyser crinière au vent »
Extraits de L'homme approximatif de Tristan Tzara
« j'ai marché sur le ciel à la devanture du monde
où les étoiles volent d'une fleur à l'autre et sucent le miel de
leur printemps de plume »
« un vent à perte de jour circule en toi »
« dans une autre langue que celle dont nous sommes couverts
tu vois le plein midi au cœur du fruit mordu »
« les sentiers vivants sont seuls ma lumière »
« aux cultivateurs de couleurs et de cieux la promesse
succulente
de l'homme portant dans son fruit la brûlante et propice
éclosion de matin »
« une lente fournaise d'indicibles alliages
une lente fournaise qui gagne les foyers des émotions
lucides »
Et de poursuivre :
« un feu qui s'évade des mers musculaires où s'attardent les
fuites de l'homme »
Extraits de L'homme approximatif de Tristan Tzara
« ô naissances d'hésitations printanières
les routes sont en germe les plaintes en tête
et les feuilles marcheront d'un pas sans remords
à l'abîme des yeux
aux douleurs victorieuses des absents »
Extrait du recueil Où boivent les loups de Tristan Tzara
« une main invisible me pousse sauvage
sur des routes vieilles de jardiniers »
« et les femmes se ruent de ma tête avec les torches de leur
souvenir
vers des eaux plus paisibles et leurs anses fragiles de rêve
le printemps sonne à la porte des rivières »
Extraits du recueil Où boivent les loups de Tristan Tzara
« ouvre encore les yeux
les distances fuiront entre les doigts
les portes se démasqueront
la rive s'approchera des lèvres de la terre
même sous la meule de sommeil il n'y aura plus de solitude
tout sera plein profondément dans l'odeur de foin et de
soleil »
Et de poursuivre :
« les sens profonds seront ensemencés
et le fenil des paroles de soleil en sera plein
les ombres tomberont en poussière »
Extraits du recueil Où boivent les loups de Tristan Tzara
« incrusté de soleil l'amour dans la bouche liquide d'un
horizon en marche »
Extrait de Personnage d'insomnie de Tristan Tzara
Éveil
Hâte-toi vers la joie immense et terrestre, c'est la coupe des paupières qui cogne en dansant contre la paroi de nuit. Assez de la mort explicite, allègre mort utilisée jusqu'au vernis de l'ongle, jeunesse perdue dans les apostrophes de l'hypocrisie ! Assez des ternes souffles des cœurs tressés dans les paniers salubres ! Hâte-toi vers la joie humaine qui est inscrite sur ton front comme une dette indélébile !
Une nouvelle forme de crudité estivale est en train de descendre sur la brume du monde en flocons d'herbe lente et de la couvrir d'une mince couche de joie, prévue d'un glorieux avenir pressenti dans l'acier. Hâte-toi, c'est de la joie humaine et brillante qui t'attend au détour de ce monde démembré, que l'on parle dans la langue de l'asphalte ! Il y a des revers, des sources scellés, des lèvres sur des tambourins et des yeux sans indifférence. Le sel et le feu t'attendent sur la colline minérale de l'incandescence de vivre.
Poème de Tristan Tzara
« brille le sens nu de l'amour parcourant en toutes les
directions l'infini de sa parole ample »
Extrait du poème Les forêts de la mémoire de Tristan Tzara
« il y a un pays à la mer attelé
c'est l'or suspendu aux tavernes de poissons »
Extrait du poème Espagne 1936 de Tristan Tzara
« c'est dans l'onde sereine que nidifie ta lumière
où le désir éclaire l'air des choses »
Extrait du poème Malfaiteurs de Tristan Tzara
« je pense au nom d'une femme aux yeux couleur de plage
la ruche de ses cheveux m'appelle par toutes les lettres
où le miroir vous jette à la figure la profondeur de l'homme
le feu de la parole cousu aux fruits de la terre »
Extrait du poème Vltava de Tristan Tzara
« la vie est toujours belle »
Extrait de Sans coup férir de Tristan Tzara
« debout vieux corps où la lumière vaincue
crie déjà terre à l'autre bout
à l'autre bout de quoi du rire
et des branches du monde
en attendant que s'éclaire la statue des fruits
et s'envolent les fines bouches sucrées des flocons de
lumière »
Extrait du recueil Parler seul de Tristan Tzara
« dans chaque visage riant
s'est découvert prunelle de mes yeux
mon amour
l'amour présent et l'avenir
le poids du monde »
Extrait du recueil De mémoire d'homme de Tristan Tzara
« l'oiseau aux bagues de son chant
enfilait d'interminables promesses de fiançailles »
Extrait de À haute flamme de Tristan Tzara
« infinies promesses de la légèreté de vivre »
Extrait du poème Le pont écartelé de Tristan Tzara
« je croyais en la ferveur immense de vivre »
Extrait du poème Le cheval de Tristan Tzara
« Ils marchent, ils marchent sans relâche en avant,
Car ils aperçoivent toujours devant eux
Les horizons bleus
Et les aurores
Tissés dans l'or brillant,
Ils marchent vers les mers
Vers les mers imaginaires. »
Extrait du poème Sur la rivière de la vie de Tristan Tzara
« Là où poussent les voyelles et les médicaments
la lumière mange les couleurs »
Extrait du poème Les mères de Tristan Tzara
« L'amour est la source du temps. »
Extrait du recueil Jongleur de temps de Tristan Tzara
« midi sonne dans nos mains
les piments des plaisirs humains »
Extrait du poème À Marcoussis de Tristan Tzara
« Nous n'avons pas besoin de joyaux, car nous sommes
Celles que l'Avenir puissant porte en son sein
Et qui doivent un jour être mères des hommes,
Faits pour l'achèvement du splendide Dessein
Tu peux marcher, enfant, je tracerai ta route ;
Je soutiendrai ton bras timide, s'il faiblit.
Nous combattrons tous deux l'Ignorance et le Doute.
Et nous aurons alors bien droit à notre lit ! »
Extrait du poème L'amour nouveau de Robert Caze
« Le saint est toujours prêt à aider les hommes
et il n'en omet aucun ;
Il est toujours prêt à bien utiliser les choses
et n'en rejette aucune.
C'est là posséder la lumière. »
« Connais le masculin,
Adhère au féminin.
Sois le Ravin du monde,
Quiconque est le Ravin du monde,
la vertu constante ne le quitte pas.
Il retrouve l'enfance. »
« La noblesse a pour racine l'humilité.
Le haut a pour fondement le bas. »
« Percevoir le plus petit, voilà la clairvoyance.
Garder la douceur, voilà la force d'âme. »
« Connaître l'harmonie, c'est saisir le Constant.
Saisir le Constant, c'est être illuminé. »
Extraits du Tao-tö king de Lao-tseu
« Le saint se garde d'amasser ;
en se dévouant à autrui, il s'enrichit,
après avoir tout donné, il possède encore davantage. »
Extrait du Tao-tö king de Lao-tseu
« Je crois en mon cœur, mon cœur que je presse
afin de teindre la trame des jours
de rougeur ou de pâleur et qui en a fait
vêture de feu.
Je crois en mon cœur, mon cœur qui, dans les semailles,
dans le sillon sans fin ne fit que s'enrichir.
Je crois en mon cœur toujours répandu,
mais jamais vidé. »
Extrait du poème Credo de Gabriela Mistral
« Donne-moi ta main
et nous danserons ;
donne-moi ta main
et tu m'aimeras. »
Extrait du poème Donne-moi ta main de Gabriela Mistral
La ronde
Où déviderons-nous la ronde ?
La ferons-nous sur le rivage ?
La mer dansant de tous ses flots
y tressera fleurs d'oranger.
La ferons-nous au pied des monts ?
La montagne nous répondra :
ce sera comme si les pierres
se mettaient toutes à chanter.
La ferons-nous dans la forêt ?
Elle va mêler toutes voix
et les chants d'enfants et d'oiseaux
vont se confondre dans le vent.
Notre ronde sera sans fin :
nous la ferons dans la forêt,
nous la ferons au pied des monts
et sur tous les bords de la mer.
Poème de Gabriela Mistral
« Toute la vallée
n'est que vaste ronde
et celui qui manque,
son cœur devient cendre. »
Derniers vers du poème Ceux qui ne dansent pas
de Gabriela Mistral
« aujourd'hui, dansons ! »
Dernier vers du poème La Terre de Gabriela Mistral
« Parvenue au milieu de mes jours, je glane
cette vérité fraîche comme une fleur :
la vie a la douceur dorée du blé,
la haine est brève, immense l'amour.
Changeons le chant amer, à reflets de sang,
contre le chant souriant.
Les divines violettes s'épanouissent,
le vent se charge dans la vallée d'un parfum de miel. »
Extrait du poème Sérénité de Gabriela Mistral