Pierre Oster, Tristan Tzara, Robert Caze, Lao-tseu, Gabriela Mistral

Publié le par Nicolas Urvoy

« La poésie n'est que le langage même porté à son maximum de réalité, et qui s'ouvre à ce qui l'enveloppe et l'emplit. »

 

Extrait de Prétéritions

tiré des Notes d'un poète de Pierre Oster

 

 

« Nous ne devons pas, craintifs, nous amputer de l'univers. »

 

« La poésie est un éloge du soleil (il change) ; un rapport à la nudité énigmatique du nouveau ; le chant des formes qui sous le regard se transmuent. »

 

Extraits de Requêtes

tiré des Notes d'un poète de Pierre Oster

 

 

« Brisons la prison de la mauvaise spécificité poétique... Brisons-là ! »

 

« Que l'idée s'élargisse, ou s'épanouisse ! À l'aube d'un sensualisme absolu. »

 

Extraits de L'ordre du mouvement

tiré des Notes d'un poète de Pierre Oster

 

 

« Désir perpétuel d'une paisible connaissance par l'éloge. »

 

Extrait d'Alchimie de la lenteur

tiré des Notes d'un poète de Pierre Oster

 

 

« le monde

un chapeau avec des fleurs

le monde

un violon jouant sur une fleur

le monde

une bague faite pour une fleur »

 

Extrait du poème Sur une ride du soleil de Tristan Tzara

 

 

« la chanson savoureuse sur la gamme de la langue

les couleurs déposent leur poids et pensent

et pensent ou crient et restent et se nourrissent

de fruits légers comme la fumée planent

qui pense à la chaleur que tisse la parole

autour de son noyau le rêve qu'on appelle nous »

 

« je pense à la chaleur que tisse la parole

autour de son noyau le rêve qu'on appelle nous »

 

« est pétri de fleurs l'illisible soleil »

 

« une fontaine dans la poitrine et l'inépuisable saveur à

l'intérieur »

 

« son amour jaillit de la chaleur du geyser crinière au vent »

 

Extraits de L'homme approximatif de Tristan Tzara

 

 

« j'ai marché sur le ciel à la devanture du monde

où les étoiles volent d'une fleur à l'autre et sucent le miel de

leur printemps de plume »

 

« un vent à perte de jour circule en toi »

 

« dans une autre langue que celle dont nous sommes couverts

tu vois le plein midi au cœur du fruit mordu »

 

« les sentiers vivants sont seuls ma lumière »

 

« aux cultivateurs de couleurs et de cieux la promesse

succulente

de l'homme portant dans son fruit la brûlante et propice

éclosion de matin »

 

« une lente fournaise d'indicibles alliages

une lente fournaise qui gagne les foyers des émotions

lucides »

 

Et de poursuivre :

 

« un feu qui s'évade des mers musculaires où s'attardent les

fuites de l'homme »

 

Extraits de L'homme approximatif de Tristan Tzara

 

 

« ô naissances d'hésitations printanières

les routes sont en germe les plaintes en tête

et les feuilles marcheront d'un pas sans remords

à l'abîme des yeux

aux douleurs victorieuses des absents »

 

Extrait du recueil Où boivent les loups de Tristan Tzara

 

 

« une main invisible me pousse sauvage

sur des routes vieilles de jardiniers »

 

« et les femmes se ruent de ma tête avec les torches de leur

souvenir

vers des eaux plus paisibles et leurs anses fragiles de rêve

le printemps sonne à la porte des rivières »

 

Extraits du recueil Où boivent les loups de Tristan Tzara

 

 

« ouvre encore les yeux

les distances fuiront entre les doigts

les portes se démasqueront

la rive s'approchera des lèvres de la terre

même sous la meule de sommeil il n'y aura plus de solitude

tout sera plein profondément dans l'odeur de foin et de

soleil »

 

Et de poursuivre :

 

« les sens profonds seront ensemencés

et le fenil des paroles de soleil en sera plein

les ombres tomberont en poussière »

 

Extraits du recueil Où boivent les loups de Tristan Tzara

 

 

« incrusté de soleil l'amour dans la bouche liquide d'un

horizon en marche »

 

Extrait de Personnage d'insomnie de Tristan Tzara

 

 

Éveil

 

Hâte-toi vers la joie immense et terrestre, c'est la coupe des paupières qui cogne en dansant contre la paroi de nuit. Assez de la mort explicite, allègre mort utilisée jusqu'au vernis de l'ongle, jeunesse perdue dans les apostrophes de l'hypocrisie ! Assez des ternes souffles des cœurs tressés dans les paniers salubres ! Hâte-toi vers la joie humaine qui est inscrite sur ton front comme une dette indélébile !

Une nouvelle forme de crudité estivale est en train de descendre sur la brume du monde en flocons d'herbe lente et de la couvrir d'une mince couche de joie, prévue d'un glorieux avenir pressenti dans l'acier. Hâte-toi, c'est de la joie humaine et brillante qui t'attend au détour de ce monde démembré, que l'on parle dans la langue de l'asphalte ! Il y a des revers, des sources scellés, des lèvres sur des tambourins et des yeux sans indifférence. Le sel et le feu t'attendent sur la colline minérale de l'incandescence de vivre.

 

Poème de Tristan Tzara

 

 

« brille le sens nu de l'amour parcourant en toutes les

directions l'infini de sa parole ample »

 

Extrait du poème Les forêts de la mémoire de Tristan Tzara

 

 

« il y a un pays à la mer attelé

c'est l'or suspendu aux tavernes de poissons »

 

Extrait du poème Espagne 1936 de Tristan Tzara

 

 

« c'est dans l'onde sereine que nidifie ta lumière

où le désir éclaire l'air des choses »

 

Extrait du poème Malfaiteurs de Tristan Tzara

 

 

« je pense au nom d'une femme aux yeux couleur de plage

la ruche de ses cheveux m'appelle par toutes les lettres

où le miroir vous jette à la figure la profondeur de l'homme

le feu de la parole cousu aux fruits de la terre »

 

Extrait du poème Vltava de Tristan Tzara

 

 

« la vie est toujours belle »

 

Extrait de Sans coup férir de Tristan Tzara

 

 

« debout vieux corps où la lumière vaincue

crie déjà terre à l'autre bout

à l'autre bout de quoi du rire

et des branches du monde

en attendant que s'éclaire la statue des fruits

et s'envolent les fines bouches sucrées des flocons de

lumière »

 

Extrait du recueil Parler seul de Tristan Tzara

 

 

« dans chaque visage riant

s'est découvert prunelle de mes yeux

mon amour

l'amour présent et l'avenir

le poids du monde »

 

Extrait du recueil De mémoire d'homme de Tristan Tzara

 

 

« l'oiseau aux bagues de son chant

enfilait d'interminables promesses de fiançailles »

 

Extrait de À haute flamme de Tristan Tzara

 

 

« infinies promesses de la légèreté de vivre »

 

Extrait du poème Le pont écartelé de Tristan Tzara

 

 

« je croyais en la ferveur immense de vivre »

 

Extrait du poème Le cheval de Tristan Tzara

 

 

« Ils marchent, ils marchent sans relâche en avant,

Car ils aperçoivent toujours devant eux

Les horizons bleus

Et les aurores

Tissés dans l'or brillant,

Ils marchent vers les mers

Vers les mers imaginaires. »

 

Extrait du poème Sur la rivière de la vie de Tristan Tzara

 

 

« Là où poussent les voyelles et les médicaments

la lumière mange les couleurs »

 

Extrait du poème Les mères de Tristan Tzara

 

 

« L'amour est la source du temps. »

 

Extrait du recueil Jongleur de temps de Tristan Tzara

 

 

« midi sonne dans nos mains

les piments des plaisirs humains »

 

Extrait du poème À Marcoussis de Tristan Tzara

 

 

« Nous n'avons pas besoin de joyaux, car nous sommes

Celles que l'Avenir puissant porte en son sein

Et qui doivent un jour être mères des hommes,

Faits pour l'achèvement du splendide Dessein

 

Tu peux marcher, enfant, je tracerai ta route ;

Je soutiendrai ton bras timide, s'il faiblit.

Nous combattrons tous deux l'Ignorance et le Doute.

Et nous aurons alors bien droit à notre lit ! »

 

Extrait du poème L'amour nouveau de Robert Caze

 

 

« Le saint est toujours prêt à aider les hommes

et il n'en omet aucun ;

Il est toujours prêt à bien utiliser les choses

et n'en rejette aucune.

C'est là posséder la lumière. »

 

« Connais le masculin,

Adhère au féminin.

Sois le Ravin du monde,

Quiconque est le Ravin du monde,

la vertu constante ne le quitte pas.

Il retrouve l'enfance. »

 

« La noblesse a pour racine l'humilité.

Le haut a pour fondement le bas. »

 

« Percevoir le plus petit, voilà la clairvoyance.

Garder la douceur, voilà la force d'âme. »

 

« Connaître l'harmonie, c'est saisir le Constant.

Saisir le Constant, c'est être illuminé. »

 

Extraits du Tao-tö king de Lao-tseu

 

 

« Le saint se garde d'amasser ;

en se dévouant à autrui, il s'enrichit,

après avoir tout donné, il possède encore davantage. »

 

Extrait du Tao-tö king de Lao-tseu

 

 

« Je crois en mon cœur, mon cœur que je presse

afin de teindre la trame des jours

de rougeur ou de pâleur et qui en a fait

vêture de feu.

 

Je crois en mon cœur, mon cœur qui, dans les semailles,

dans le sillon sans fin ne fit que s'enrichir.

Je crois en mon cœur toujours répandu,

mais jamais vidé. »

 

Extrait du poème Credo de Gabriela Mistral

 

 

« Donne-moi ta main

et nous danserons ;

donne-moi ta main

et tu m'aimeras. »

 

Extrait du poème Donne-moi ta main de Gabriela Mistral

 

 

La ronde

 

Où déviderons-nous la ronde ?

La ferons-nous sur le rivage ?

La mer dansant de tous ses flots

y tressera fleurs d'oranger.

 

La ferons-nous au pied des monts ?

La montagne nous répondra :

ce sera comme si les pierres

se mettaient toutes à chanter.

 

La ferons-nous dans la forêt ?

Elle va mêler toutes voix

et les chants d'enfants et d'oiseaux

vont se confondre dans le vent.

 

Notre ronde sera sans fin :

nous la ferons dans la forêt,

nous la ferons au pied des monts

et sur tous les bords de la mer.

 

Poème de Gabriela Mistral

 

 

« Toute la vallée

n'est que vaste ronde

et celui qui manque,

son cœur devient cendre. »

 

Derniers vers du poème Ceux qui ne dansent pas

de Gabriela Mistral

 

 

« aujourd'hui, dansons ! »

 

Dernier vers du poème La Terre de Gabriela Mistral

 

 

« Parvenue au milieu de mes jours, je glane

cette vérité fraîche comme une fleur :

la vie a la douceur dorée du blé,

la haine est brève, immense l'amour.

 

Changeons le chant amer, à reflets de sang,

contre le chant souriant.

Les divines violettes s'épanouissent,

le vent se charge dans la vallée d'un parfum de miel. »

 

Extrait du poème Sérénité de Gabriela Mistral

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